L’Algérie, longtemps dépendante des hydrocarbures, semble marquer un tournant dans son histoire économique.
Ainsi, en 2023, le pays a démontré une capacité notable à diversifier ses exportations, amorçant ainsi un processus de désengagement progressif de sa dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz.
Grâce à une industrialisation croissante et une vision stratégique éclairée des défis mondiaux, l’économie algérienne s’engage sur la voie de la diversification, avec des secteurs clés en pleine expansion, notamment l’industrie minérale, chimique et agroalimentaire.
Exportations hors hydrocarbures : un renouveau prometteur
En effet, l’Algérie a su capitaliser sur ses atouts naturels et ses ressources industrielles pour renforcer son économie hors hydrocarbures.
En 2023, les exportations des produits non pétroliers ont connu selon le dernier rapport de l’ONS une croissance significative, avec des produits comme les engrais minéraux et chimiques azotés, les ciments non pulvérisés (clinkers) et les solvants naphta en tête.
Ces produits ont rapporté respectivement 168 milliards de DA, 101 milliards de DA et 91 milliards de DA en valeur d’exportation, mettant en lumière le potentiel industriel du pays.
Outre ces secteurs, d’autres produits comme les barres de fer en acier et les demi-produits en fer non alliés, ainsi que des produits agroalimentaires tels que les dattes et le sucre de canne, témoignent de la diversification des produits algériens sur les marchés mondiaux.
Les exportations de fer, en particulier, ont vu un développement considérable, avec une valeur atteignant 64 milliards de DA pour les barres de fer et 53 milliards de DA pour les demi-produits en fer. Ces chiffres illustrent un secteur métallurgique de plus en plus compétitif, soutenant l’ambition d’une industrialisation accrue.
Une industrie chimique en pleine expansion
L’industrie chimique, en particulier la production d’engrais minéraux et d’ammoniac anhydre, constitue un secteur stratégique pour l’Algérie. Avec une valeur d’exportation de 168 milliards de DA pour les engrais azotés et 61 milliards de DA pour l’ammoniac anhydre, l’Algérie se positionne comme un acteur clé sur les marchés internationaux.
Ce secteur bénéficie d’une politique gouvernementale favorable à l’investissement dans les infrastructures et les technologies modernes, permettant ainsi au pays d’augmenter sa production et d’exporter une part importante de ses produits.
Partenaires commerciaux : Halte au monopole!
L’Algérie a également diversifié ses partenaires commerciaux, avec une part importante de ses exportations dirigée vers des pays européens comme l’Italie, la France et l’Espagne, mais également vers des marchés plus lointains comme les États-Unis et la Chine. En 2023, l’Italie a été le premier client de l’Algérie avec 28,2% de la part des exportations, suivie de la France (13%) et de l’Espagne (9,1%).
Cette diversification des clients reflète la compétitivité des produits algériens sur les marchés mondiaux, mais aussi l’importance d’une diplomatie économique proactive pour sécuriser de nouveaux marchés. Le tableau des dix premiers clients de l’Algérie est complété par la Turquie avec 6.3%, les USA avec 5.5%, les Pays-Bas 4.5%, le Royaume-Uni avec 4.4%, la Chine avec 3.9%, la Belgique avec 3.5% et la République de Corée avec 3.2%.
Une vision industrielle pour l’avenir
L’Algérie est en train de se réinventer économiquement. Grâce à une politique industrielle ambitieuse et une prise de conscience croissante des enjeux mondiaux, le pays réussit à se détacher progressivement de sa dépendance aux hydrocarbures. Si les défis restent nombreux, la diversification des exportations et l’industrialisation sont des signaux encourageants pour l’avenir de l’économie algérienne, ouvrant la voie à une croissance durable et à une insertion accrue du pays dans l’économie mondiale.