Le président de l’APOCE à propos de la généralisation des TPE : « Il faudrait instaurer un climat de confiance …»

Mustapha Zebdi, président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), dans cet entretien s’est montré assez critique, voire « déçu » quant à la politique menée par les services du ministère du Commerce au sujet de la généralisation des Terminaux de paiement électronique (TPE) au niveau des commerçants, tout en les exhortant à faire montre de « souplesse » à l’égard des commerçants

Just-Infodz.com : Selon les autorités publiques, 40 000 TPE sont en circulation. Que pensez-vous de ce chiffre ? 

  • Mustapha Zebdi : 40 000 terminaux de paiement pour 2.5 millions de commerçants, c’est peu, très peu, voire insignifiant. Pour notre association, ce chiffre est appelé à être multiplié par dix au minimum pour rentrer dans les standards internationaux. Ce chiffre est plus dérisoire et reflète une triste vérité, on est loin, très loin des attentes des citoyens, quand on sait qu’actuellement le commerce électronique est en plein essor. 

La plupart des commerçants hésitent encore à utiliser les TPE et préfèrent le cash, malgré la demande croissante des clients ? Pourquoi cette hésitation selon vous ? 

  • Je ne dirais pas que c’est l’hésitation, mais plutôt la peur des commerçants d’éventuels redressements fiscaux, car comme chacun le sait, les transactions via TPE obéissent à une stricte traçabilité. Or et c’est un secret de polichinelles, malheureusement d’ailleurs, la plupart des commerçants ne décalent pas leur véritable chiffre d’affaires. Au niveau de notre association, nous avons beaucoup de commerçants qui souhaitent franchir le cap du TPE, mais ils conditionnent cela par le fait que les services du fisc ne prennent pas cette donnée en compte (fausse déclaration, NDLR). De ce fait, pour les commerçants, c’est un moyen pour échapper à tout redressement. 

Vous avez indiqué que beaucoup de commerçants ont demandé des TPE auprès des autorités et que ces dernières ne leur ont pas délivré. Quelles sont les raisons de ce retard d’après vous ? 

  • Effectivement, nous considérons que quand on souhaite vulgariser et généraliser une technologie, le paiement électronique via TPE en l’occurrence, on doit fournir l’équipement nécessaire. Or à notre niveau, nous avons reçu de nombreuses réclamations émanant de plusieurs commerçants qui souhaitent acquérir un terminal de paiement électronique, ils ont dû attendre plus d’une année. Quant à la raison de ce retard, il faudrait le demander aux services concernés. Une chose est sûre par contre, ces atermoiements desservent la stratégie mise en place par les pouvoirs publics, laquelle consiste à généraliser ce moyen de paiement. 

Que compte faire votre association pour généraliser les TPE dans les commerces ?

  • On ne peut pas parler de généralisation tant qu’il y’a ces frustrations, aussi bien du côté des commerçants que celui des consommateurs. Il faut dire que ces derniers, n’ont pas encore une totale confiance quant au fonctionnement et la traçabilité de leur argent. D’ailleurs, dans certains cas, des bugs ont entaché les transactions via TPE ce qui a eu de lourdes conséquences sur le client et le commerçant. Le consommateur algérien doit être rassuré, avoir des garanties que son argent et ses données personnelles sont en totale sécurité, ceci d’une part. De l’autre, les autorités concernées doivent pousser les commerçants à aller vers ce mode de paiement, en leur accordant des facilitations. Il faudrait lever ces craintes et appréhensions aussi bien chez les commerçants qu’auprès des consommateurs, et c’est le rôle des pouvoirs publics d’y remédier.  

Propos recueillis par R.B

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