Production oléicole à Tizi-Ouzou : Une année à oublier !

Production oléicole à Tizi-Ouzou : Une année à oublier!

À l’instar de toutes les régions du pays, la cueillette des olives tire à sa fin dans la wilaya de Tizi-Ouzou et plus particulièrement à Draâ El-Mizan et les communes environnantes. 

Même si les chiffres avancés au mois de décembre dernier par la direction des services agricoles (DSA), tablaient sur une production de 6.6 millions de litres lors de cette campagne, il n’en demeure pas moins que dans les faits, cette estimation s’est avérée trop optimiste.

En effet, il est à signaler qu’en raison de la non maturité du fruit à temps, la campagne de ramassage n’a été lancée qu’à la mi-décembre.  S’il est vrai que les oliviers pliaient sous le poids des olives durant des mois, les rendements sont faibles à cause de plusieurs facteurs dont notamment la sécheresse qui a énormément affecté la maturation du fruit.

Des oléiculteurs les expliquent les causes…

« Au moment de la formation des olives, nous attendions une bonne récolte. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Les mois de juillet, d’août et de septembre ont sérieusement impacté le fruit. Quand on presse une olive on constate qu’elle est sèche. Vous avez seulement la peau serrée contre le grain. Qu’est-ce que vous voulez ? C’est dû au changement climatique », explique un oléiculteur de la localité d’Ait Yahia Moussa. 

Chacun donne son avis selon son expérience à ce sujet. « Il est vrai que le climat a eu son impact sur la formation et la maturation du fruit. Mais, à mon sens, il faut aussi voir du côté des propriétaires des oliveraies.  Ces dernières années, ils ne donnent pas beaucoup d’intérêt au suivi et à l’entretien des oliviers. Ceux-ci ne sont pas bien entretenus. Il faut absolument revoir cette filière arboricole.  Maintenant, je crois qu’il est temps de moderniser nos oliveraies.  Tout d’abord, il faut peut-être remplacer les arbres séculaires par de jeunes plants. Revoir aussi la manière de les gauler. Et enfin, prévoir des bassins qui devront les irriguer durant toute la période estivale », pense un jeune oléiculteur de Draâ El-Mizan. 

Cinq petits litres au quintal !

Pour le moment, il ne reste que quelques oliviers à gauler.  « Je dois ramasser tout avant le début du mois de Ramadan », répond un propriétaire de Tafoughalt dans la commune d’Ait Yahia Moussa qui, avoue-t-il, n’avoir passé trois mois dans les champs presque pour rien.  Et de poursuivre : « Pour les premiers quintaux triturés, je n’ai eu que cinq litres au quintal.  C’est trop faible par rapport aux années précédentes. Vraiment, on a travaillé pour rien. Fort heureusement, ce sont mes oliveraies.  Imaginez que si j’avais pris celles d’une autre personne, je n’aurai que la moitié de la récolte ». C’est le même constat fait par quasiment tous les autres intervenants.  Ils sont tous unanimes à dire que c’est l’année la moins productive. 

Pas moins de 950DA le litre !

A cause des rendements faibles, le prix du litre d’huile a flambé.  Aujourd’hui, il est cédé entre 950 et 1000 dinars dans la plupart des huileries de la région.  « La clientèle nous manque beaucoup.  Pour cette année, en raison du manque d’huile et de la cherté de ce produit, nous recevons moins de personnes.  Les usagers de cette route s’arrêtent, demandent le prix puis s’en vont.  Ils trouvent que ce sont des prix excessifs.  A mille dinars le litre, ce n’est pas à la portée de tout le monde de consommer l’huile d’olive « , répond un propriétaire d’une huilerie traditionnelle sur la RN25 vers Tizi-Ouzou, qui jadis, ne désemplissait pas en ce moment de l’année. 

Les consommateurs tiraillés…

Du côté des consommateurs, les avis divergent. Il est vrai, dit Mohamed un habitué de ce lieu habitant à Alger, que c’est cher mais qu’il ne peut se passer de cet ingrédient. Avant de donner son avis : « En tout cas, même si c’est cher, je préfère acheter deux à trois litres de ce produit et ici que d’aller ailleurs où peut-être je serai arnaqué.  Car, j’ai l’habitude de m’approvisionner chez ce propriétaire chaque année et j’ai trouvé que son huile est d’excellente qualité « .

Alors que d’autres sont décidés d’ores et déjà attendre que les prix vont baissent. « Moi, j’ai l’habitude d’acheter jusqu’à dix litres par an chez un voisin. Peut-être d’ici la fin du mois de Ramadan, le prix va baisser une fois que toutes les huileries auront fermé leurs portes.  Sinon, je me contenterai de la moitié de ma consommation habituelle. En tout cas, l’huile d’olive est indispensable.  On voit que d’autres produits de première nécessité ont flambé mais on les achète quand même.  Et pourquoi pas ce produit aux mille remèdes ? », s’interroge cet autre interlocuteur. 

A.O

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