Afin de contenter le marché national en viande rouge, l’Algérie multiplie les opérations d’importations de viande, notamment bovine.
Ainsi, après le Brésil, l’Espagne, l’Italie et à moindre degré l’Irlande et la Roumanie, un autre pays vient de s’ajouter à la liste des fournisseurs de l’Algérie en la matière. Il s’agit de la Colombie. Bien que ce dernier, ne soit pas le principal fournisseur de viande rouge pour l’Algérie, il a réussi à se positionner favorablement sur le marché algérien.
L’Algérie second importateur derrière la Chine
En effet, l’Algérie occupe désormais la deuxième place parmi les pays importateurs de viande colombienne, juste derrière la chine, rapporte le site spécialisé combien Contexto ganadero.
Cette dynamique a pris un tournant décisif en 2023, lorsque des négociations prometteuses ont été entamées entre les deux pays. La Colombie, reconnue pour l’excellence de son élevage, a vu ses relations commerciales se formaliser avec la signature d’un mémorandum d’entente.
Celui-ci prévoyait l’importation annuelle de 5 000 tonnes de viande, ainsi qu’une commande pilote de 500 tonnes spécifiquement destinée au mois du Ramadhan.
L’écueil de la conformité
Toutefois, malgré ces avancées, la viande colombienne n’a pas pu être acheminée vers l’Algérie, en raison des exigences strictes relatives à la conformité aux normes halal, tant sur le plan religieux que sanitaire, imposées par les autorités algériennes.
Cependant, cette année, l’Algérie a consolidé sa position en devenant le deuxième importateur mondial de viande colombienne, avec un volume de 1 948 tonnes, d’une valeur de 10,5 millions de dollars, soit l’équivalent de 1,4 milliard de dinars algériens. Cette performance témoigne de la solidité des relations commerciales entre les deux nations dans le secteur alimentaire.
Un déséquilibre à enrayer
Si l’Algérie s’engage dans ces démarches pour diversifier ses sources d’approvisionnement, elle fait face à une demande mensuelle en viande rouge qui dépasse de loin sa capacité de production nationale.
Avec une demande avoisinant les 50 000 tonnes par mois, contre une production limitée à seulement 15 000 tonnes, le pays dépend largement des importations pour satisfaire ses besoins, en particulier pendant les périodes de forte consommation, telles que le mois de Ramadan, où les besoins peuvent même doubler.
Pour répondre à cette demande croissante, les importations se sont intensifiées. En janvier 2025, l’Algérie a importé 12 356 tonnes de viande rouge, un volume qui a augmenté à 18 165 tonnes en février, puis à 20 050 tonnes en mars.
De plus, un envoi stratégique a été effectué juste avant le début du Ramadan, avec l’arrivée d’un navire en provenance d’Amérique du Sud transportant plus de 3 000 tonnes de viande, réparties en 95 conteneurs destinés à 15 opérateurs économiques algériens.
Cette opération s’inscrit dans un programme d’importation bien orchestré, visant à ajuster les volumes mensuels en fonction des besoins du marché et à garantir un approvisionnement suffisant pendant les périodes de forte consommation.
Un réseau d’importation diversifié
Au total, 170 opérateurs économiques sont impliqués dans l’importation de 20 050 tonnes de viande rouge, dont 13 000 tonnes de viande blanche.
Parmi les principaux pays fournisseurs figurent des nations européennes telles que la Pologne et l’Espagne, ainsi que des géants de la viande comme le Brésil et la Roumanie.
Ce réseau d’importation met en lumière l’importance stratégique de maintenir une offre stable et suffisante pour répondre à une demande en constante augmentation, garantissant ainsi la stabilité des prix et la satisfaction des besoins alimentaires de la population.