L’année 2025 a marqué un tournant significatif pour le secteur énergétique algérien.
Ainsi, si l’Europe demeure le partenaire historique, l’émergence de flux vers trois pays arabes — les Émirats arabes unis, la Tunisie et le Sultanat d’Oman — témoigne d’une volonté de diversification des débouchés de la Sonatrach.
Une première depuis 2023
En effet etselon les données de l’Unité de recherche énergétique, Attaqa, basée à Washington, le paysage des exportations algériennes a connu des mouvements inédits. Pour la première fois depuis fin 2023, la Tunisie et les Émirats arabes unis ont renoué avec le brut et les produits raffinés algériens, tandis qu’Oman a enregistré une cargaison exceptionnelle.
Une percée régionale ciblée
Bien que l’Algérie collabore occasionnellement avec la Libye ou l’Arabie saoudite, les volumes enregistrés en 2025 vers ces nouveaux clients soulignent une dynamique particulière. En décembre, les Émirats arabes unis ont ainsi réceptionné plus de 13 000 barils par jour de produits pétroliers, tandis que le Sultanat d’Oman a importé 6 000 bj, une première depuis plusieurs années.
De son côté, la Tunisie a réceptionné en juillet une cargaison de 25 000 barils (environ 822 bj), mettant fin à une absence de près de deux ans sur ce segment.Si la Tunisie dépend structurellement des importations, la présence des Émirats et d’Oman — pourtant pays producteurs — s’explique par des impératifs techniques : pics de demande saisonnière, besoins en carburants spécifiques (diesel, essence) ou arbitrages commerciaux liés aux coûts logistiques.
L’axe Europe-Asie reste prédominant
Malgré cette percée dans le monde arabe, le gros des volumes reste orienté vers les marchés traditionnels. La hiérarchie des acheteurs en 2025 révèle que la Corée du Sud occupe la première place avec 130 000 bj, suivie de près par la France (105 000 bj) et l’Espagne (99 000 bj). Les États-Unis et le Royaume-Uni complètent ce groupe de tête avec respectivement 69 000 et 52 000 bj. Ensemble, ces cinq nations captent environ 60 % des exportations totales de l’Algérie.
Un bilan global résilient
Au total, les exportations algériennes de pétrole brut et de produits dérivés se sont élevées à 762 000 barils par jour en 2025. Ce chiffre marque un léger repli par rapport aux 778 000 bj de 2024, soit une baisse de 16 000 bj. Toutefois, cette performance reste supérieure aux volumes de 2022 et 2023 (720 000 et 729 000 bj), confirmant la solidité de la position algérienne sur l’échiquier énergétique mondial.
