À l’approche des demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, actuellement disputée au Maroc, la France a choisi la voie de la fermeté extrême.
Ainsi, dans un climat qualifié de « sensible » par le ministère de l’Intérieur, les autorités françaises annoncent un durcissement sécuritaire ciblant les célébrations de supporters étrangers, avec une attention toute particulière portée aux fans de la sélection algérienne.
Une instruction ministérielle lourde de menaces
En effet, selon une information révélée ce vendredi 9 janvier 2026 par la chaîne BFMTV, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a adressé une instruction claire aux préfets : appliquer strictement les mesures existantes concernant la suppression, la réduction ou le retrait des titres de séjour à l’encontre des étrangers impliqués dans des troubles à l’ordre public lors des célébrations sportives.
Le document évoque sans détour la possibilité de sanctions administratives lourdes, allant jusqu’au retrait du droit au séjour, pour des faits commis dans le cadre de rassemblements festifs liés à la CAN.
Une cible implicite : les supporters algériens
Officiellement, aucun pays n’est nommé dans l’instruction ministérielle. Pourtant, plusieurs éléments convergents laissent peu de doute quant aux populations visées.
Les supporters de l’équipe nationale algérienne apparaissent au cœur des préoccupations sécuritaires françaises, notamment après les célébrations ayant suivi la qualification de l’Algérie pour les quarts de finale.
Mardi dernier, ces rassemblements ont pourtant été décrits comme pacifiques. Malgré cela, des responsables locaux ont affirmé que certains regroupements auraient été entachés de propos incitant à la haine et à l’antisémitisme, sans que l’ampleur ou la nature précise de ces faits ne soient détaillées publiquement.
Des célébrations assimilées à des troubles
Dans son instruction, Laurent Nuñez reconnaît que « sur l’ensemble du territoire, des rassemblements spontanés sont régulièrement observés dans l’espace public », traduisant l’enthousiasme populaire suscité par la compétition. Mais il ajoute aussitôt que ces moments de liesse auraient parfois donné lieu à des débordements.
Le ministre établit ainsi un lien explicite avec la victoire de l’Algérie en huitième de finale, le 6 janvier 2026, citée comme un exemple ayant motivé le renforcement des consignes sécuritaires. Une association directe qui contribue à alimenter l’idée d’un soupçon généralisé pesant sur une communauté de supporters.
Champs-Élysées : une interdiction symbolique
Dans la continuité de cette ligne dure, la préfecture de police de Paris a décidé d’interdire tout rassemblement de supporters sur l’avenue des Champs-Élysées lors des quarts de finale de la CAN 2025. Cette mesure s’appliquera dès 15 heures les jours de match et concernera toute personne se revendiquant supporter d’une équipe engagée dans la compétition. Cette décision, conforme aux directives du ministère de l’Intérieur, touche un lieu emblématique traditionnellement associé aux célébrations sportives, renforçant le sentiment d’une restriction préventive disproportionnée.
Des accusations locales brandies comme justification
À Lyon, lors des célébrations consécutives à la victoire de l’Algérie face à la République démocratique du Congo, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a affirmé que certains individus auraient tenu des propos incitant à la haine, à la violence et à l’antisémitisme.
Ces déclarations servent désormais de justification à une mobilisation sécuritaire renforcée à l’échelle nationale, bien que les faits évoqués restent circonscrits à des situations locales.
Une mobilisation sécuritaire généralisée
Face à ces événements, Laurent Nuñez a demandé aux préfets de mobiliser l’ensemble des forces de sécurité placées sous leur autorité. L’objectif affiché est clair : prévenir toute répétition de troubles à l’ordre public lors des quarts de finale, mais également lors des demi-finales prévues le 14 janvier 2026.
Cette stratégie, fondée sur la dissuasion et la menace administrative, interroge sur l’équilibre entre maintien de l’ordre et respect des libertés, alors même que la majorité des supporters concernés célèbrent leur équipe sans violences.

Un commentaire
Parce que grimper sur le grand arbre de Noël magnifiquement décoré pour le plaisir de tous devant l’Hotel de Ville de Marseille et le saccager le soir de la qualification de l’Algérie pour les quarts, vous trouvez que c’est exprimé sa joie ?
Oui, nous avons toujours des craintes lorsqu’il s’agit de foot en compétition internationale avec les supporters algériens et seulement avec, ce même soir, la station de métro Barbes à Paris a dû être fermée face aux débordements de ces mêmes supporters au grand dam des autres usagers !
Rien de glorieux, donc et, en France, nous sommes soulagés que l’aventure de l’équipe d’Algérie ait pris fin malheureusement pour les joueurs de son équipe !