À l’aune du crépuscule du régime chancelant de Bamako, dirigé d’une main de fer par le piètre Général Aissimi Goita et sa « clique » de putschistes patentés, l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, en appel à la sagesse et la clairvoyance du président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune.
Ainsi et dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, depuis les geôles de la junte au pouvoir au Mali, Maïga sollicite le président Tebboune non pas pour quelconque intercession en vue de sa libération, mais pour la « sauvegarde » des liens entre les deux pays et peuples, en dépit des tensions actuelles en Alger et Bamako.
Pour un retour à la « sérénité, l’entente et la compréhension mutuelles»
En effet, dans sa lettre, l’ex-Premier ministre d’Assimi Goita, dit être «
animé que de la seule intention d’inciter au retour officiel de la sérénité, de l’entente et la compréhension mutuelles entre nos deux États, entre nos peuples : entre Algériens et Maliens», soutient-il d’emblée.
L’expéditeur de cette missive, reviendra ensuite sur les diverses tensions qui ont émaillé les relations entre l’Algérie et le Mali depuis la prise du pouvoir par les putschistes, jusqu’à la récente rupture des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. «J’ai suivi, avec un intérêt particulier et une grande préoccupation, ces dernières années, les différentes et multiples interventions et prises de position des représentants de nos deux États (…) Elle a atteint un niveau surprenant, jamais égalé, préjudiciable à la sécurité de nos deux peuples, frères et amis, aux rapports de bon voisinage qui, des temps les plus reculés à ce jour, ont été les nôtres », déplore Choguel Maïga depuis sa cellule de la prison Koulikoro.
Le « cri du du cœur » de Maïga à Tebboune
Pour le rédacteur de cette missive destinée à son « frère aîné», le président Tebboune, les faits énumérés «portent sérieusement atteinte» à l’image de chacun des États, et minent selon ses dires, la confiance et le respect réciproques pourtant nécessaires et indispensables entre les autorités officielles deux pays. « Par conséquent, je me permets d’émettre, à travers ces lignes, un appel, cri de cœur d’un citoyen animé de sa seule bonne foi, pour inciter à la retenue et à la raison, réciproquement», insiste-il. Et de souligner que cette lettre est motivée par le fait qu’il est un « citoyen profondément attaché à l’unité du peuple malien, à l’intégrité de son territoire, à sa souveraineté et à la continuité historique de son État, attaché également à la solide amitié qui lie nos deux pays, I’Algérie et le Mali», écrit-il.
Maiga plaide pour une « patience stratégique »
Ensuite, Choguel Kokalla Maiga, tient à mettre en relief qu’en dépit de la crise actuelle entre Alger et Bamako, la priorité reste les liens «forts et historiques » entre les deux Nations. «Nos deux peuples doivent toujours garder à l’esprit le sens de l’histoire. Ils doivent toujours conserver le sens de la responsabilité et du temps long, dans les relations diplomatiques et politiques, et dans les rapports fraternels et amicaux réciproques faits de sincérité et de respect mutuel», assure-t-il.
Pour l’ex-chef du gouvernement malien, désormais il faudrait avoir de la « patience stratégique» et un «grand sens de discernement», à chaque fois qu’il s’agit des relations bilatérales.
Et de conclure sur un ton d’apaisement et de sagesse, en soulignant le fait qu’il « est reconnu que, faire l’historique d’un problème, c’est le résoudre à moitié», fait-il remarquer et d’ajouter « ce qui nous oppose actuellement, peut être transcendé».
Un timing bien calculé
Ce message à l’intention du président Tebboune, intervient dans un moment charnière pour le Mali. La junte militaire au pouvoir vit ses derniers jours et perd chaque jour des positions stratégiques au nord du Mali au profit des terroristes du JNIM. Mieux, l’ancien président du Haut Conseil islamique malien, l’imam Mahmoud Dicko, réfugié en Algérie, s’est récemment exprimé sur son projet rassembleur des maliens au sein de la Coalition des Forces pour la République (CFR).
Mahmoud Dicko tente à travers cette initiative de rassembler la « résistance » malienne, tout en évoquant un « devoir de responsabilité ». « Je considère qu’il est de mon devoir moral et citoyen d’y répondre favorablement », a-t-il souligné lors d’un message vidéo publié le 24 décembre 2025. Partant de ces faits, la lettre de Choguel Kokalla Maïga, comporte des messages codés à l’intention du président Tebboune, que ce dernier, saura sans nul doute déchiffrer.
