À l’occasion du mois mondial de sensibilisation au cancer du sein, un nouveau Conseil africain du cancer du sein a été créé par un groupe de femmes leaders africaines.
Présidé par la stratège algérienne Soraya Mellali, ce Conseil s’attaque à l’augmentation inquiétante des cas de ce cancer sur le continent africain, avec le soutien de Roche, l’une des plus grandes entreprises de biotechnologie au monde.
Un objectif ambitieux
En effet, le cancer du sein, est le cancer le plus couramment diagnostiqué chez les femmes africaines et la principale cause de décès par cancer dans cette population. Le Conseil se fixe l’objectif ambitieux d’améliorer les systèmes de santé et de réduire les délais de diagnostic.
En Afrique subsaharienne, seulement une femme sur deux survit au-delà de cinq ans après un diagnostic de cancer du sein, une situation attribuée aux inefficacités des systèmes de santé, au manque d’accès à des soins spécialisés, et à la stigmatisation autour de la maladie.
Au Kenya, notamment, plus de 60 % des cas de cancer du sein sont diagnostiqués à un stade avancé, réduisant ainsi drastiquement les chances de survie tout en augmentant les coûts de traitement.
Des «pointures» pour un défi de taille!
Le Conseil africain du cancer du sein, qui réunit des personnalités influentes telles que Dr. Miriam Mutebi, la première chirurgienne spécialisée dans le cancer du sein au Kenya, et Dorothy Nyong’o, Première Dame du comté de Kisumu, souhaite exploiter leur expertise collective pour promouvoir des changements politiques dans toute l’Afrique. Ils visent également à favoriser une meilleure collaboration entre les systèmes de santé, à améliorer la collecte de données et à obtenir des résultats optimaux pour les patients.
Un des défis majeurs que le Conseil s’est fixé est de réduire le délai de diagnostic de six mois à 60 jours.
Niveler les injustices
Pour y parvenir, il s’engage à lever les barrières telles que le manque de sensibilisation à l’auto-examen et la difficulté d’accès aux établissements de santé, souvent distants des zones rurales. Cette réduction du délai de diagnostic pourrait non seulement améliorer considérablement les taux de survie, mais aussi alléger les coûts des soins en évitant des traitements tardifs et plus coûteux.
Wendy Cupido qui est co-présidente du Conseil mais aussi directrice générale de Roche Afrique du Sud, a souligné l’importance de «tirer parti» de leur savoir collectif pour plaider en faveur d’une meilleure prise en charge du cancer du sein. Dr. Magda Robalo, autre membre du Conseil, a dénoncé les injustices évitables auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes africaines, qui sont diagnostiquées trop tardivement et reçoivent des traitements inadéquats.
Des réformes nécessaires
Le Conseil ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit de se concentrer dans un premier temps sur les systèmes de santé africains prêts à innover ainsi qu’à établir des partenariats avant d’étendre ces stratégies réussies à l’ensemble du continent.
En promouvant des réformes structurelles, en améliorant l’accès aux soins et finalement en renforçant les infrastructures de santé, le Conseil espère créer un impact durable et changer le visage de la lutte contre le cancer du sein en Afrique.
Ce nouvel effort collectif représente une étape cruciale pour transformer les soins liés au cancer du sein en Afrique, sauvant ainsi des vies et offrant aux femmes africaines une meilleure chance de survie face à cette maladie.
C.K