Le Parti des Travailleurs (PT), présidé par Mme Louisa Hanoune, émet des « réserves » quant aux amendements « techniques » à la Constitution, ainsi qu’au projet de loi relatif aux élections.
Ainsi et après avoir pris part aux consultations placées sous l’égide du Premier ministre, M.Sifi Ghrieb, le Parti des Travailleurs, à travers sa Secrétaire générale, note que cette révision technique de la Constitution et du code électoral, « manquent de clarté ».
Louisa Hanoune opte pour la consultation populaire
En effet et au sujet des dix amendements constitutionnels proposés, Mme Hanoune souligne qu’ils affectent, en substance, le «système de gouvernance» ainsi que « la nature et le fonctionnement» de certaines institutions étatiques. «Ces amendements sont résolument politiques. N’ayant pas été informés de ces propositions avant leur présentation, nous préférons soumettre par écrit les observations, les préoccupations et la position du parti à leur sujet», indiquera le Parti des Travailleurs.
De plus, cette formation politique fait remarquer au sujet de la modification de la composition et des pouvoirs du Conseil supérieur de la magistrature, que la Constitution actuelle avait été rédigée et adoptée au début de la pandémie de COVID-19 et n’avait donc fait l’objet d’aucun débat public ni interne au parti. De ce fait, Mme Hanoune, insistera sur «la nécessité» de rendre la décision au peuple et d’ouvrir un large débat afin qu’il puisse déterminer lui-même le système de gouvernance. Elle a souligné l’importance d’inclure le principe de la hiérarchie des lois pour prévenir toute violation de la constitution par des lois portant atteinte aux droits politiques, aux libertés fondamentales, aux droits économiques et sociaux.
Code électoral : des « dispositions restrictives » dénoncées
Dans la foulée et concernant la loi électorale, le Parti des Travailleurs estime qu’une « réforme en profondeur» s’impose, et non une simple modification technique. Mieux, la formation politique présidée par Mme Hanoune, mettra en lumière que le projet de loi relatif au code électoral contient de nombreuses « dispositions restrictives» et « paralysantes» pour les partis politiques. Pour cette formation politique, ce projet de loi perpétue «une discrimination flagrante» sous couvert d’encourager la participation des jeunes, alors qu’en réalité, insiste le Parti des Travailleurs, les dissuade de s’engager dans une activité politique organisée au sein des partis.
Cependant, tout n’est pas à jeter dans ce texte de loi, relative ce parti, en notant avoir relevé «quelques propositions d’amendements positives», Mme Hanoune insiste sur la nécessité de «combler toutes les failles» susceptibles d’être exploitées par les grandes puissances, qui ont également commencé à s’ingérer dans les élections législatives.
Elle a également plaidé pour l’octroi de garanties juridiques complètes afin de restaurer la confiance des citoyens dans le processus électoral et a présenté des propositions en ce sens. Elle a souligné que depuis le référendum constitutionnel de 2020, chaque élection a été caractérisée par une très faible participation, reflétant l’incertitude et le scepticisme à l’égard du processus électoral, alors que les institutions tirent leur force de la légitimité populaire, qui protège l’État.
L’ANIE « inutile » pour le PT
Enfin et au sujet de l’amendement relatif à l’Autorité nationale indépendante des élections(ANIE), lequel propose de transférer ses pouvoirs logistiques et matériels au ministère de l’Intérieur, Mme Hanoune met en exergue qu’un tel organe «n’existe pas dans les pays démocratiques», où les élections sont menées de manière transparente et organisées par le ministère de l’Intérieur. « La création d’un tel organe est l’apanage de certains pays africains, ou de ceux qui émergent d’un système à parti unique, c’est-à-dire à la suite d’un changement de système de gouvernance», note cette formation politique.
Cette dernière, souligne également que la mise en place d’organes chargés de surveiller les élections constitue «un aveu tacite de manque de transparence» et de «mépris pour le choix populaire», est-il dénoncé.
Enfin, le Parti des Travailleurs espère ses propositions, ouvriront la voie à un débat plus large dans les médias et les sphères politiques sur les enjeux nationaux et permettra de dégager des solutions exclusivement algériennes.
