Marqué par de multiples cérémonies festives dans tous les K’sours, Yennayer est de tous temps célébré avec ferveur dans la pentapole du M’zab, et tout naturellement, cette nouvelle année ne déroge pas aux précédentes.
Ainsi, les familles Ghardaouis se préparent à marquer cette année par des festivités tant religieuses que culturelles alors que la gastronomie tient une place de choix.
Les associations s’activent
En effet, concoctant plusieurs cérémonies festives afin de marquer l’évènement, les associations culturelles et d’éminentes personnalités de la société civile de tous les K’sours de la vallée du M’zab redoublent d’énergie afin de donner à cette millénaire tradition toute la dimension qu’elle mérite.
Selon Mustapha, un universitaire de la région, « la célébration du nouvel an Amazigh dans le M’Zab obéit à une tradition liée aux activités agricoles et aux ressources essentielles à la vie paysanne. Il marque l’arrivée de l’hiver et ses pluies bienfaitrices pour l’agriculture. C’est le moment traditionnellement lors duquel chaque famille honore la nouvelle mariée par l’offrande d’un plat d’ « Arfis ».
Arfis en maître de la table de Yennayer
En outre, selon Bahmed, un vendeur d’épices au souk de Ghardaïa alors que tout le cérémonial habituel est indubitablement célébré avec la même ferveur que celle de nos ancêtres, notamment autour de plats concoctés spécialement pour la circonstance du nouvel an Amazigh, dont « Arfis » reste un plat du terroir , incontournable de la table Ghardaïa autour de laquelle se réunit toute la famille qui finit de se régaler par un thé chaud à la menthe locale accompagné par de succulentes cacahuètes suivi du jeu traditionnel « Alaouane », une espèce de « Bouquala » locale , auquel toute la famille participe.

La richesse de la gastronomie amazigh est telle que les parents et grands-parents mettent à l’honneur cet aspect du patrimoine culturel immatériel du M’Zab, d’où l’importance de préserver les coutumes et traditions amazighes du M’Zab en perpétuant le rituel des bons plats du bon vieux temps, à savoir en plus de l’inévitable « R’fiss » (un plat traditionnel à base de mets sucrés de galettes émiettées avec du beurre et du miel naturel), la chakhchoukha (miettes de pain au bouillon de dattes), iouzens N’Hammou-Ould-Elhadj (macédoine à base de blé aux piments rouges), tourchimt (couscous à base de blé), ibawanes (des fèves au cumin, bouillis à l’eau), timliyente (crêpes traditionnelles), et ce en vue de préserver ce capital.
Tinfesses, des comptes enchanteurs !
Par ailleurs, tinfesses (les contes), racontés la nuit tombée par les mamies à leurs petits-enfants, rassemblés autour d’un verre de thé à la menthe accompagné de toutes sortes de friandises, constituent aussi une forme culturelle amazighe hautement appréciée par les enfants.
Sur le plan culturel et tout au long de ces journées festives, des universitaires animeront des conférences autour de la thématique de la civilisation Amazigh et donc de Yennayer, alors que des séances de lecture de poésie Amazigh seront organisées à travers les K’sours de la pentapole du M’zab.
Pour rappel, et alors que le 1er Yennayer correspond annuellement au 12 janvier, à Ghardaïa il est célébré le 6 janvier avec des rites symbolisant la joie, la fertilité et la solidarité.
