Le dossier de la mise en place d’une véritable industrie automobile en Algérie, continue de susciter des interrogations.
Entre optimisme des uns, notamment les autorités publiques et scepticisme des autres et plus particulièrement les citoyens, ce dossier, est l’un des plus brûlants pour le gouvernement.
Ainsi, le successeur de l’actuel Premier ministre Sïfi Ghrieb, à la tête du ministère de l’industrie, en l’occurrence M.Yahia Bachir, a été interpellé ce jeudi 4 décembre 2025 par un élu à l’Assemblée nationale populaire (APN), à ce propos et la réponse du premier responsable du secteur de l’industrie en Algérie, était clair : il faudrait que les citoyens s’arment de ( beaucoup) de patience.
Yahia Bachir demande du… temps
En effet et selon le ministre de l’industrie, la mise en œuvre d’une « véritable » industrie automobile en Algérie, demande selon lui, du temps et de la patience. « Si on ne veut pas retourner à la politique du gonflage des pneus, il faudrait établir des bases saines et pour cela, il faudrait du temps», a-t-il expliqué.
Pour M.Yahia Bachir, toute précipitation conduirait salon ses dires à un « retour en arrière ». « Nous avons pour ambition de mettre en place une industrie automobile solide et concurrentielle. Néanmoins, cela ne peut se faire en un tour de baguette magique. Nous avons allons y parvenir, conformément aux engagements du président de la République, néanmoins nous avons besoin d’un peu plus de temps. Soyez patient et indulgent avec nous », dira le ministre. Et d’ajouter « Il est aisé d’importer des véhicules et y placer uniquement des pneus. Mais cela serait un véritable échec pour la politique que nous menons».
Quand la sous-traitance fait défaut…
Abordant le sujet de la soutenance, le ministre de l’industrie, n’y est pas allé par quatre chemins. « la soutenance est essentielle pour la mise en place d’une industrie automobile viable. Tout constructeur automobile désirant s’implanter en Algérie, a pour obligation d’avoir un réseau de sous-traitance», a-t-il tranché. Et d’ajouter : « Actuellement et je peux l’affirmer devant vous, les constructeurs automobiles ont commencé à activer sur le plan de la sous-traitance et c’est un point encourageant», s’est-il félicité.
Pour rappel, au mois de mai dernier, une série de contrats a été signée avec le groupe Stellantis et plusieurs entreprises algériennes, ouvrant la voie à une intégration accrue dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Lors d’une cérémonie organisée le mercredi 21 mai 2025 à Oran, le directeur général de l’AAPI, M. Omar Rekkache, avait exprimé la volonté ferme de l’Agence d’accompagner les investissements orientés vers la sous-traitance industrielle.
Selon lui, cette dynamique constitue un pilier essentiel pour parvenir à une intégration industrielle effective et bâtir une base manufacturière nationale solide et pérenne.
Ce réseau national renforcera l’industrie des pièces détachées à travers le pays et permettra à l’Algérie de développer une nouvelle stratégie orientée vers l’industrie automobile.
Des rencontres se tiennent depuis février dernier au niveau du ministère de l’industrie, afin d’étudier et de suivre la création de ce réseau, regroupant les différents acteurs du domaine.
