La capitale Alger, est devenue pratiquement invivable. Encombrée, surchargée et dépassant de très loin sa «capacité d’accueil », Alger étouffe littéralement.
Ainsi et face à cet engorgement chronique, le gouvernement opte pour un changement profond de stratégie dans la gestion de la pression démographique et urbaine d’Alger.
L’objectif affiché est clair : transférer une partie de la croissance démographique et des investissements hors du centre de la wilaya, en misant sur ses périphéries immédiates à travers la création de villes nouvelles et de pôles urbains économiquement dynamiques.
Une stratégie détaillée dans le cadre du SNAT
En effet, dans une réponse à une question d’un député de l’APN, le ministère de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, a révélé les grandes lignes de la stratégie gouvernementale pour lutter contre la densité croissante de la population dans la wilaya d’Alger, et ce, dans le cadre de la mise en œuvre du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT).
Cette stratégie repose principalement sur la création et le développement de villes nouvelles, considérées comme un choix stratégique central pour rétablir l’équilibre urbain et démographique. Il s’agit, selon lui, de limiter la concentration excessive de la population et des activités économiques à l’intérieur du tissu urbain existant d’Alger.
Dans ce sillage, il a précisé que cette orientation repose sur l’implantation d’entreprises de taille moyenne et de projets d’investissement à proximité des zones résidentielles, afin de rapprocher les lieux de travail des lieux d’habitation. Une approche destinée à réduire les déplacements quotidiens vers la capitale et à alléger la pression accumulée sur ses réseaux, ses infrastructures et ses services publics.
Sidi Abdellah et Bouinan, piliers de la nouvelle vision urbaine
Dans ce cadre, l’État a déjà concrétisé cette orientation à travers la réalisation de plusieurs villes nouvelles dans l’environnement immédiat de la capitale.
Le ministre cite notamment les villes de Sidi Abdellah et de Bouinan, conçues pour accueillir une part importante de la population tout en intégrant des activités économiques et administratives variées en dehors du cœur d’Alger.
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Cette réorganisation vise à alléger progressivement la pression croissante exercée sur les infrastructures et les services publics de la capitale, tout en offrant des alternatives viables et attractives aux citoyens.
Des villes intégrées, au-delà du simple logement
Le ministre insiste par ailleurs sur le fait que les villes nouvelles ne se limitent pas à des projets de logement. Elles ont été pensées comme de véritables pôles urbains intégrés, offrant des conditions de vie adaptées et une qualité de vie élevée.
Ces villes sont dotées d’équipements publics essentiels, tels que des établissements scolaires, des structures de santé, des espaces verts, ainsi que des infrastructures de loisirs et des équipements culturels, afin de répondre aux besoins quotidiens des habitants et de favoriser leur installation durable.
Transport, emploi et attractivité économique
La planification urbaine de ces nouvelles agglomérations accorde également une importance particulière aux transports et à la mobilité urbaine. Des réseaux de transport modernes et performants y sont prévus afin de faciliter les déplacements, réduire les embouteillages et améliorer la fluidité de la circulation, aussi bien à l’intérieur des villes nouvelles que dans leur connexion avec les autres pôles urbains.
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Sur le plan économique, ces villes intègrent également des zones dédiées à l’investissement et au développement, destinées à accueillir diverses activités productives et de services, notamment des petites et moyennes entreprises ainsi que des espaces d’innovation. Cette orientation vise la création d’emplois locaux, le renforcement de la dynamique économique de ces pôles et la réduction des déplacements de la main-d’œuvre vers Alger.
Vers un nouvel équilibre urbain durable
Selon la réponse ministérielle, cette option s’inscrit dans une vision globale visant à faire des villes nouvelles des pôles urbains attractifs, intégrés et fonctionnels, capables de jouer un rôle concret dans la réalisation de l’équilibre urbain et démographique, le soutien au développement durable et l’amélioration du cadre de vie des habitants de la capitale et de sa périphérie.
Une démarche en cohérence avec les grandes orientations de l’État en matière d’aménagement du territoire et de répartition de la population à l’échelle nationale.
