Le verdict est tombé ce matin, vendredi 23 janvier 2026. La Cour criminelle régionale de Hanovre a condamné Alexander Koppelmeyer à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre sauvage de la jeune étudiante algérienne.
Ainsi, c’est un épilogue judiciaire qui vient clore un dossier qui a profondément ému l’opinion publique, tant en Allemagne qu’en Algérie.
Un crime qui a bouleversé la communauté
Le 4 juillet dernier, le paisible quartier d’Arnum, au sud de Hanovre, basculait dans l’horreur. Rahma Ayat, une étudiante infirmière de 26 ans originaire d’Oran, était brutalement assassinée dans son propre appartement.
Arrivée en Allemagne deux ans plus tôt pour poursuivre ses rêves professionnels, la jeune femme a succombé à de multiples coups de couteau portés à l’épaule et à la poitrine. Le coupable, son voisin Alexander Koppelmeyer (31 ans), avait été interpellé sur les lieux, couvert du sang de sa victime, après que des voisins eurent été alertés par les cris de détresse de la jeune femme.
Le verdict : La perpétuité et des dommages-intérêts
La juge Britta Schlingmann, présidente de la Cour, a prononcé ce matin une sentence sans appel : la prison à vie. Outre la peine privative de liberté, le condamné devra verser une compensation financière à titre de dommages-intérêts : 20 000 euros à chacun des parents de Rahma et 15 000 euros à sa sœur.
Bien que la défense et certains rapports initiaux aient évoqué l’absence de preuves formelles pour qualifier juridiquement l’acte de « crime raciste » au sens strict du code pénal allemand, le climat entourant l’affaire reste lourd. Les proches de Rahma avaient en effet témoigné de harcèlements répétés subis par l’étudiante en raison de son port du voile (hijab), une piste qui avait mobilisé les associations de lutte contre l’islamophobie.
Soulagement et devoir de mémoire
Contacté par le journal électronique Just Info, Hamza Allal Cherif, membre actif de l’Association culturelle et éducative germano-algérienne située à Hanovre, a exprimé son soulagement : « Nous saluons l’intégrité de la juge Schlingmann. Ce verdict apporte un début de paix aux cœurs meurtris de la communauté. »
L’association avait été en première ligne, organisant des rassemblements et accompagnant la famille de la victime venue d’Algérie pour assister au procès. Malgré cette condamnation exemplaire, l’émotion reste vive. Les Algériens d’ici et d’ailleurs n’oublieront pas Rahma, décrite par ses collègues comme une personne douce et d’une moralité irréprochable. Si le volet pénal est désormais clos, une procédure civile reste attendue pour finaliser le volet des indemnisations.
La communauté algérienne en ciblée
Ce drame rappelle cruellement la nécessité de renforcer la protection et la sécurité des membres de la communauté étrangère, un point que la diplomatie algérienne avait fermement souligné lors de ses échanges avec l’ambassadeur d’Allemagne à Alger au lendemain du crime. Rahma Ayat repose désormais en Algérie, mais son nom restera gravé comme le symbole d’une jeunesse fauchée par la haine et la violence gratuite.
