Le Conseil national autonome du personnel du secteur tertiaire de l’éducation (Cnapeste) d’Oran dénonce avec vigueur, dans un communiqué rendu public ce samedi 26 juillet 2025, les décisions de suspension prises à l’encontre de plusieurs enseignants syndicalistes.
Ainsi, ce syndicat évoque des « sanctions arbitraires » et des « atteintes graves » aux droits syndicaux et au respect des lois nationales et internationales. Le bureau local du syndicat présidé par M. Messaoud Boudiba, interpelle l’opinion publique et s’en remet au président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en sa qualité de premier magistrat du pays et garant de la Constitution.
Des suspensions jugées arbitraires et illégales
En effet, ce syndicat, note en préambule, que c’est un climat de « tension croissante », que s’est tenue une réunion d’urgence au siège du Conseil pour examiner les suspensions prononcées contre plusieurs de ses membres, dont des cadres syndicaux actifs. Il s’agit notamment de M. Abdelrahmane Kettas, conseiller pédagogique, de M. Imadeddine Ben Hadou, membre du bureau de wilaya, et de M. Abdelghafour Belhouel, également conseiller pédagogique et membre de l’assemblée générale nationale. Le syndicat affirme que ces décisions ont été prises de manière « arbitraire, abusive et en violation totale des procédures légales », remettant en question la légitimité des motifs invoqués par la Direction de l’éducation de la wilaya.
Une « atteinte flagrante » aux droits syndicaux
Au-delà de la forme, le fond de ces décisions suscite l’indignation. Le Cnapeste considère en outre, qu’il s’agit d’une « atteinte grave » aux libertés syndicales, consacrée non seulement par la Constitution algérienne, mais aussi par les conventions internationales ratifiées par l’Algérie.
Selon le communiqué, les enseignants sanctionnés n’ont fait qu’exercer leur droit syndical, notamment en participant à des rassemblements pacifiques dans le cadre de revendications professionnelles. Le syndicat y voit une volonté manifeste de réprimer l’action syndicale et de museler les voix critiques au sein du secteur de l’éducation.
Les engagements de la tutelle « bafouées »
En outre, le CNAPESTE rappelle que ces événements surviennent au moment où le ministère de l’Éducation nationale a officiellement reconnu l’existence de dysfonctionnements majeurs dans l’élaboration du statut particulier des enseignants. Le syndicat avait été convié à plusieurs sessions de travail pour contribuer aux réformes en cours. « Dès lors, le timing de ces sanctions apparaît pour le moins paradoxal : comment justifier la mise à l’écart de syndicalistes alors que leurs compétences sont sollicitées dans le cadre des révisions statutaires ?», s’interroge ce syndicat. Ce dernier, dénonce un « double discours » et une « instrumentalisation » des procédures disciplinaires à des fins de représailles.
Un « climat malsain » dénoncé
Plus alarmant encore, le communiqué évoque un « climat malsain » au sein de la direction de l’éducation de la wilaya d’Oran, citant notamment une grave affaire de fraude présumée aux examens du baccalauréat qui aurait éclaboussé plusieurs responsables locaux. Le syndicat s’interroge sur la logique de sanction qui frappe les lanceurs d’alerte pendant que les véritables responsables de dérives avérées semblent jouir d’une totale impunité.
Entre revendications et appel au dialogue
Face à cette situation, le Cnapeste adresse une série de revendications urgentes, notamment :
- L’intervention de la Présidence de la République en tant que garante du respect de la Constitution et des droits syndicaux.
- La levée immédiate des sanctions à l’encontre des enseignants suspendus et leur réintégration sans condition.
- L’ouverture d’une enquête nationale sur la gestion de la direction de l’éducation de la wilaya d’Oran.
- La mise en cause des personnes impliquées dans les affaires de fraude administrative et pédagogique.
Un engagement ferme à poursuivre le combat syndical
Enfin, le Cnapeste rappelle qu’il se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux et syndicaux, y compris la grève, pour défendre la dignité de ses membres et garantir un exercice syndical libre et responsable. L’organisation appelle ses militants à la mobilisation et à la vigilance, réaffirmant son attachement à une école publique de qualité et à la protection du statut de l’enseignant.


