Conséquence directe de la dernière grève des transporteurs laquelle a pratiquement paralysé tout le pays, certaines denrées alimentaires commencent à disparaitre des rayons.
Ainsi et à Ghardaïa, c’est l’huile de table (sans gout) qui connait une certaine pression ces derniers jours, où les consommateurs peinent à trouver un bidon d’huile dans les rayons des superettes et autres magasins d’alimentation générale.
La population agacée
En effet, dans la plupart des magasins visités à Ghardaïa, l’huile végétale accusait une certaine pénurie. « J’ai fait le tour de tous les magasins du quartier et même les deux grandes supérettes, je n’ai pas pu me procurer ne serait-ce qu’une petite bouteille d’huile pour permettre à mon épouse de faire à manger aux enfants », s’indigne ce consommateur rencontré à la sortie d’une supérette de la ville.
Effectivement elle (l’huile de table) a fui les étals des commerces, pour preuve ces chaînes qui se constituent devant les grandes surfaces de Ghardaïa, notamment à Theniet El Makhzène, le plus grand quartier populeux et populaire de Ghardaïa, quartier le plus dense de tout le sud Algérien en termes de densité de population où deux longues chaînes, une pour hommes et l’autre pour femmes, se forment des deux côtés de la porte d’entrée.
« Non ! il n’y aucune pénurie… »
A Bouhraoua, dans la plus grande surface commerciale de toute la wilaya de Ghardaïa, appelée par la population Cévital, mais qui n’en porte que le nom, pas la moindre goutte de ce précieux liquide. Les étagères où était d’habitude exposé ce produit étaient désespérément vides. « Nous avons déchargé, ce matin, quatre palettes, dont deux palettes de bidons de 5 litres, une palette de bouteilles de 2 litres et une palette de bouteilles d’un litre. En un temps record, tout est parti », nous informe un chef de rayon, ajoutant « certains faisaient des allers retour entre la caisse et leurs véhicules. »
A notre question sur la disponibilité en stock, le même chef de rayon est affirmatif « dans notre dépôt de Bouhraoua, l’huile est disponible en grande quantité. Il n’y a pas de rupture de stock, ce sont les citoyens qui créent la pénurie en s’approvisionnant en très grande quantité. », a-t-il affirmé.
Une fin de fonction qui interroge
Puis dans un geste d’agacement, il ajoute « je vous jure que dans la chaîne j’ai vu quelqu’un que je connais bien faire la chaîne avec ses deux frères et ses quatre enfants. Tous faisaient des allers retour des étalages, vers la caisse et leur véhicule. Est-ce que c’est normal ? »
Le même jour, coïncidence ou cause à effet, le directeur du commerce de la wilaya de Ghardaïa a été remercié, un de ses cadres a été installé par la direction régionale du commerce à Ouargla et chargé de la gestion courante de la direction jusqu’à nouvel ordre. Le mois de Ramadhan est à nos portes, une gestion efficace pour éviter toute tension sur des produits de base est plus que souhaitable.
