Le vaste périmètre agricole de « Laâmid Adjrif » de Guerrara, à 120 km au nord-est du chef-lieu de Ghardaïa, fait face à une prolifération aussi soudaine qu’inquiétante de sangliers.
Ainsi, ces derniers, ravagent tout sur leur passage au grand dam des exploitants agricoles. Les agriculteurs et les habitants de la ville de Guerrara, notamment ceux dont les demeures se situent à proximité des propriétés et périmètres agricoles se plaignent de l’apparition soudaine de hordes de sangliers, accompagnés de leurs femelles (les laies), et de leurs progénitures (marcassins).
Des périmètres agricoles ravagés
En effet, certains agriculteurs contactés par nos soins, affirment que ces bêtes sauvages, en quête de nourriture, ont littéralement ruiné leurs cultures, sans omettre de souligner le danger qu’ils constituent. « Très agressifs, renversant et détruisant tout sur leurs passages, ils ont saccagé plusieurs périmètres agricoles, renversant la terre pour se nourrir des plantes en éclosion » nous apprend un agriculteur de la région.
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Notre vis-à-vis, ajoutera « Certains d’entre eux poussent jusqu’aux abords des maisons, certainement poussés par la faim, cherchant à se nourrir dans les poubelles, dont certaines sans couvercle et débordant de déchets domestiques restent plusieurs jours avant d’être désemplit par les services de la voirie. Ce qui constitue un danger pour la population, notamment pour les enfants sur le chemin de leurs écoles et pour les fidèles sur le chemin de la mosquée » ajoute-t-il, d’une voix pleine d’inquiétude.
D’autres, n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme, en interpellant les autorités locales, afin qu’elles organisent des battues. « Il faut que les autorités locales prennent rapidement des mesures en organisant des battues par des chasseurs professionnels pour endiguer cette dangereuse invasion de ces animaux qui dévastent et saccagent tout sur leurs passages, phénomène qui tend à se répéter cycliquement dans notre région. Il y va de la vie des citoyens », s’alarme un autre citoyen, membre d’une association de quartier de Guerrara.
Des chasseurs de Tlemcen à la rescousse !
Et l’appel a été entendu par les autorités qui ont mesuré à sa juste valeur le danger induit par cette invasion, puisqu’une vaste campagne d’abattage a été organisée le week end (vendredi et samedi) 9 et 10 janvier 2026 sous la supervision et le contrôle de la gendarmerie nationale qui encadre toute l’opération.
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Une équipe de chasseurs professionnels de la wilaya de Tlemcen, rompus à ce genre d’exercices a été appelée pour nettoyer et débarrasser la région de ces indésirables visiteurs. Et ça n’a pas tardé, puisque, selon un des membres de l’association du périmètre agricole de « Laâmid Adjrif » joint au téléphone, « après qu’un communiqué ait été publié sur facebook et des appels à la radio, informant la population de ce secteur de Guerrara, de prendre leurs dispositions en évitant de circuler dans ce secteur, des dizaines de coups de feu ont retentis tout au long des deux jours de campagne de chasse. ».
Interrogé quant au bilan de cette campagne d’abattage, notre interlocuteur précise « Nous n’avons pas encore le chiffre exact du nombre de bêtes abattus, le périmètre s’étend sur des kilomètres, il faut d’abord ramasser leurs dépouilles et les rassembler pour pouvoir les chiffrer avant de les enterrer. ». Certaines personnes, suggèrent de remettre ces dépouilles aux zoos de la région à l’effet de nourrir leurs félins, à charge aux propriétaires de ces zoos d’en faire la demande et de venir les chercher. Une idée à creuser.
Vecteurs d’une multitude de pathologies
Pour un vétérinaire « la présence de ces hordes de sangliers représente un risque patent de transmission de maladies aux autres animaux et à l’homme, telles que la brucellose, la tuberculose, la peste porcine classique, la variole, la fièvre aphteuse, etc… », ajoutant « c’est pourquoi il est impératif de surveiller la prolifération des populations de cet animal à hauts risques, autant pour les cultures, pour les autres animaux que pour l’homme. Des battues régulières et contrôlées, pour assurer un certain équilibre écologique, doivent être organisées régulièrement et à des périodes précises de l’année », a-t-il affirmé.
