Le secteur de la santé publique en Algérie, connaît quelques « frémissements » en ce début d’année 2026. Après une accalmie de plusieurs mois, une sorte de « paix des braves », certains syndicats reprennent le chemin des revendications sociaux-professionnelles.
Ainsi et après le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy), qui déplore le « mutisme » du ministère de tutelle, c’est le tour du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (SNAAMARSP) de monter au créneau.
Dans un communiqué rendu public ce dimanche 18 janvier 2026, ce syndicat présidé par M. Mohamed Amine Bendali, interpelle le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en sa qualité de premier magistrat du pays, afin de dénoncer la « rupture » du dialogue avec le département d’Aït Messaoudène et aussi mettre sur la table une série de revendications liées à la profession.
Les anesthésistes dénoncent un « mépris manifeste » de la tutelle
En effet, ce syndicat exprime sa « vive inquiétude » et sa « colère justifiée » quant à l’attitude du ministère de la Santé, qui selon ce partenaire social, adopte une « politique de rupture totale du dialogue ».
Les rédacteurs dudit document, soulignent que cette « rupture » se manifeste par l’absence de toute communication officielle, le défaut de réponse à toute correspondance adressée aux services du ministère et un « mépris manifeste » des revendications professionnelles du syndicat.
Pour le syndicat des anesthésistes, ces agissements constituent « non seulement une violation flagrante » des principes du partenariat social, mais aussi une atteinte directe au droit constitutionnel de se syndiquer et un « défi inacceptable » aux directives du chef de l’État, qui a maintes fois et sans équivoque insisté sur «la nécessité d’un dialogue sérieux et responsable », comme seule option pour traiter les diverses revendications sociaux-professionnelles.
Que revendiquent-ils ?
Parmi ces dernières, le Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique évoque :
- Le refus d’appliquer des dispositions d’intégration équitables garantissant les droits des anesthésistes, notamment en matière de promotion, de formation continue, de reconnaissance des certifications et de l’expérience professionnelle.
- La difficulté d’accès à des qualifications supérieures, ce contraste fortement avec les avantages dont bénéficient d’autres secteurs de la santé et de la fonction publique.
- L’absence de protection juridique claire pour les anesthésistes, en particulier concernant les dispositions de la loi sanitaire n° 11-18 et le non-respect de ses règlements d’application et des obligations contractuelles qui les protègent dans l’exercice de leur profession.
- L’absence d’une rémunération des risques quotidiens et de la spécificité du travail d’anesthésie dans la législation sur les indemnités
- Le gel du programme de formation hautement spécialisé et le gel des perspectives de promotion et de postes de direction sont en totale contradiction avec l’évolution des tâches de la profession et les exigences du système de santé.
Le SNAAMARSP brandit la menace d’une grève
En outre, ce syndicat met en exergue que face à cette « situation critique » des anesthésistes et réanimateurs, qui selon ledit communiqué se trouvent devant une « impasse » et après avoir épuisé toutes les voies légales et consultatives, se voit dans l’obligation de :
- S’en remettre au Président de la République, afin d’intervenir d’urgence et directement pour sortir de cette impasse et de donner les instructions nécessaires à une révision juste et équitable de la loi fondamentale régissant le personnel d’anesthésie.
- Exhorter le Premier ministre d’intervenir d’urgence pour activer la coordination entre les secteurs concernés et garantir le respect du principe d’égalité entre tous les secteurs de la fonction publique.
- Adresser une correspondance urgente à tous les organes et institutions de haut niveau de l’État pour leur faire part de la gravité de la situation actuelle et pour demander des comptes à l’administration de tutelle quant à l’impasse et à l’escalade du conflit.
« Ni une rébellion, une aventure… »
Enfin, le Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (SNAAMARSP) menace de recouvrir à la grève à partir du 8 février 2026, tout en imputant au ministère de la Santé « l’entière responsabilité » des répercussions sociales et professionnelles résultant de cette escalade. « la grève n’étant plus une option, mais une conséquence inévitable de la politique de fermeture et de négligence », est-il mentionné.
Pour les auteurs de cette missive, la « grogne » des anesthésistes n’est ni une déviation, ni une rébellion, ni une aventure, mais « une position responsable » et une « défense légitime » de la dignité professionnelle, de la justice et de l’équité pour une profession essentielle, afin de garantir la sécurité sanitaire de la nation en assurant la continuité des services d’anesthésie et de réanimation dans un cadre légal.


