En dépit du fait que le ministre de l’Intérieur, Collectivités et Transports, M. Saïd Sayoud ait été « écarté » du dossier sensible des transporteurs, celui-ci continue d’alimenter les appréhensions des syndicats.
Ainsi et c’est dans ce contexte qu’un nouveau cycle de concertation s’ouvre entre les représentants des transporteurs et les pouvoirs publics.
Une invitation officielle aux principales organisations
En effet, les syndicats du secteur sont attendus demain lundi au ministère des Transports pour relancer les discussions autour des principales préoccupations de la profession, à travers la mise en place de plusieurs ateliers thématiques.
Les principales organisations syndicales activant dans le domaine des transports ont été officiellement invitées à se rendre au siège du ministère demain lundi à partir de 10h.
Il s’agit notamment de l’Union nationale des transporteurs, de l’Organisation nationale des transporteurs, de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), ainsi que de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). L’invitation émane de la Direction générale de la mobilité et de la logistique, dirigée par Abdelghani Hamani.
Des ateliers pour examiner les revendications
Cette rencontre vise à installer des ateliers de travail chargés d’examiner l’ensemble des doléances exprimées par les professionnels lors des précédentes consultations.
Dans le courrier adressé aux syndicats, il est fait référence à une instruction émanant des services du Premier ministère, appelant à une prise en charge structurée et concertée des revendications du secteur, et ce, à travers la mise en place d’ateliers dédiées à cet effet. Pour rappel, une réunion avait déjà rassemblé les représentants des transporteurs et le Premier ministre le 17 janvier dernier.
Parmi les sujets évoqués figurent les réserves émises par les syndicats concernant certaines dispositions du projet de Code de la route, en cours d’examen au niveau du Conseil de la nation par une commission paritaire. D’autres préoccupations majeures ont également été mises sur la table, notamment le renouvellement du parc automobile, la formation professionnelle des chauffeurs et l’amélioration globale des conditions d’exercice.
La tarification au cœur des revendications des taxis
Dans ce contexte, le Syndicat national des transporteurs par taxi (SNTT), affilié à l’UGTA, a élaboré une plateforme de revendications qu’il considère essentielle à la sauvegarde du métier.
La question de la tarification, restée inchangée depuis 2012, occupe une place centrale. C’est pourquoi, le syndicat plaide pour la création d’une instance de régulation indépendante chargée d’actualiser les tarifs de manière annuelle, afin d’assurer un équilibre entre la dignité des chauffeurs et le pouvoir d’achat des usagers.
Encadrer les applications de VTC
Le SNTT appelle également à une régulation claire du secteur des applications de transport avec chauffeur (VTC). Sans réclamer leur suppression, il préconise de limiter l’accès à ces plateformes aux seuls détenteurs d’une licence professionnelle, afin de lutter contre le transport informel et la concurrence jugée déloyale.
La question sensible des licences « Moudjahid »
Autre dossier sensible : celui des licences dites « Moudjahid ». Le syndicat demande une gestion étatique transparente et numérisée, estimant que le système actuel favorise la spéculation et impose aux chauffeurs des contraintes administratives lourdes, notamment lorsqu’ils sont contraints de louer ces licences.
Modernisation du parc automobile et importation
Enfin, en matière de modernisation du parc automobile, le SNTT insiste sur la nécessité d’assouplir les conditions d’importation de véhicules de moins de cinq ans destinés aux taxieurs.
Face aux difficultés du marché local à satisfaire la demande pour certains modèles, notamment les véhicules de grande capacité, le syndicat estime que l’exonération des droits et taxes sur les outils de travail constitue une mesure urgente, tant pour la sécurité des passagers que pour la pérennité de l’activité.
