C’est devenu une tradition depuis son lâche assassinat en 1993. Smail Yefsah sera « ressuscité » dans quelques jours, dans son village natal, Tala Amara dans la wilaya de Tizi- Ouzou. Un riche et varié programme commémoratif a été concocté à cet effet par les organisateurs d’une journée hommage prévue le 21 octobre prochain.
Octobre 1993- Octobre 2023. 30 ans après son abject assassinat, Tala Amara et la wilaya de Tizi- Ouzou n’ont pas oublié.
A l’instar des dizaines d’autres martyrs morts pour la démocratie et la liberté de la presse en Algérie, Smail Yefsah demeure éternel dans les esprits de tous.
Stupeur et consternation
Etoile montante de la presse et de la télévision algérienne plus particulièrement, l’enfant de Tala Amara a été fauché à fleur d’âge, un certain 18 octobre 1993 par les hordes sanguinaires. Il devait fêter ses 31 ans 10 jours plus tard.
Les circonstances de son lâche assassinat sont aujourd’hui connues de tout le monde. On était alors étudiants à l’ITFC, institut de journalisme à Alger, lorsque la terrible nouvelle est tombée. Sa cousine, également étudiante et nous autres futurs journalistes, étions dans le déni le plus total. Un tel drame ne saurait se produire. Pas lui, pas Smail ! Pourtant Smail Yefsah, le journaliste vedette de la l’ENTV était bel et bien mort, assassiné.
Symbole de toute une génération
Pourquoi ? La question semblait n’avait guère de sens, si on connaissait un tant soit peu l’homme. Evidement, Smail a été tué à cause de son engagement, lui qui rêvait, à l’instar de plein d’autres intellectuels, artistes, professeurs, hommes de lettre…d’une « Algérie meilleure et une démocratie majeure ».
Des islamistes contrariés par tous ce qui était beau. Pour eux c’était « La Yadjouz », une expression fortement répandue à l’époque et qui a tendance à disparaitre du jargon actuellement. Au début des années 1990, ils n’hésitaient pas à « liquider » physiquement tout porteur de cet idéal qui était celui de Yefsah.
L’Algérie vous dit « Merci »
Il fallait donc faire un choix pour Smail. Résister et courir le risque ou abdiquer. Et le choix a été vite fait. Smail Yefsah et plein d’autres journalistes ont opté pour la résistance. Certains d’entre eux, à l’image de Smail Yefsah l’ont payé de leur vie. Ils ne le regrettent certainement pas.
Auprès de Son Créateur, Smail Yefsah et toutes les autres victimes de la décennie noire, doivent savoir que l’Algérie leur demeurera reconnaissante.
Tala Amara est en effet fière de son enfant qu’elle ressuscite chaque année à l’occasion de son assassinat.
Il sera le cas d’ailleurs cette année puisqu’une journée commémorative, avec un programme varié au menu, est prévue le 21 octobre prochain à l’initiative des autorités locales et bon nombre d’associations. Repose en paix Smail.
Mohand Ouamar Benmokhtar
