L’Algérie n’est pas encore décidée à appliquer le système de péage au niveau de l’autoroute Est-Ouest. C’est ce que vient de révéler le directeur général de l’agence des autoroutes (ADA), M. Ali Bouasla.
Ainsi, ce dernier qui intervenait ce dimanche 11 janvier 2026 sur les ondes de la radio nationale Alger Chaîne 3, a fait savoir que la priorité est la « réhabilitation » et l’entretien du réseau routier existant.
Cap sur la réhabilitation du réseau routier
En effet, pour l’hôte de la radio nationale, les pouvoirs publics, notamment le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, mise essentiellement sur la « réhabilitation du réseau existant ». Interrogé à propos de la mise en service du système de péage, M.Bouasla, soulignera qu’il « n’est pas à l’ordre du jour », tout en soutenant que « L’important pour nous est d’offrir à l’usager une infrastructure sûre et bien entretenue. C’est ce que nous œuvrons à mettre en œuvre dans les années à venir ».
À travers ces déclarations, on comprend que aisément que le gouvernement ne souhaite pas rééditer les mauvais choix du passé, à savoir « mettre la charrue avant les bœufs », autrement dit, mettre en service un système de péages sur un réseau routier dans un état relativement dégradé, voire impraticable à certains endroits.
Dans la foulée, le premier responsable de l’ADA précisera que l’opération de réhabilitation des certains axes routiers et qui a lancé récemment, concernera les wilayas Bordj Bou Arreridj jusqu’à El Taref, et à l’Ouest, de Relizane jusqu’à Tlemcen. Pour ce qui est de la partie Centre, entre Bouira et Chlef, l’opération débutera à partir du deuxième semestre 2026.
Des péages livrés à la dégradation
Pour ce qui est des stations de péage, il y’a lieu de souligner que l’Algérie, sous l’ancien régime, a consenti plus de 100 milliards de dinars en étude et réalisation de ces stations.
En effet, en 2013 plusieurs contrats ont été signés avec des sociétés étrangères, dans le but de fournir les équipements de cette autoroute, dont le volet péage. Ce projet, divisé en trois lots distincts, a vu la signature de plusieurs contrats à coups de plusieurs dizaines de milliards de dinars. Pour la partie Centre du pays, les travaux ont été confiés au groupement Cosider TP, Cosider Construction, Indra (Espagne), Ericsson (Suède), pour un montant avoisinant les 46 milliards de dinars.
Pour les mêmes travaux d’équipements, la partie Est de l’autoroute, a été attribuée au groupement italo-algérien, composé de CMC (Italie, mandataire du groupement), Proger (Italie), Tecnositaf (Italie), Rotahem (Algérie), Imet (Italie), DucatiItalia (Italie), Cordiolic (Italie) pour près de 30 milliards de dinars.
Enfin, le partie Ouest a été confiée à un groupement algéro-hispano-portugais, pour un montant de 26 milliards de dinars. Des stations de péages, c’est bien. Mais un réseau routier en bon état est mieux. Et c’est là que le bât blesse, notamment sur l’autoroute Est-ouest traversant Bouira sur plus de 100 kilomètres.
