L’ancienne candidate aux élections présidentielles en France et actuelle présidente de l’association France-Algérie (AFA), Mme Ségolène Royal, a été reçue ce mardi 27 janvier 2026 par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.
Lors de cette rencontre à laquelle étaient présents le chef de cabinet de la Présidence, M. Boualem Boualem, Ammar Aâba, conseiller auprès du chef de l’État chargé des affaires diplomatiques et Mme la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, plusieurs sujets liés à la tension entre les deux pays et les moyens de la résorber, ont été abordés.
Le président Tebboune ouvert au dialogue à condition…
En effet et selon Mme Ségolène Royal, l’échange avec le président Tebboune a été « fructueux » et empreint de « franchise et de respect » mutuels. L’hôte de l’Algérie, a livré des déclarations qu’on avait oublié de la part de la sphère politique française.
Exit l’arrogance et la suffisance propre à la classe politique française actuelle, notamment celle ancrée à droite et à l’extrême droite. Mme Royal, a fait montre d’un profond respect envers l’Algérie, son peuple et ses institutions. « Je suis très honorée d’être reçue par le président Abdelmadjid Tebboune qui prouve sa volonté de dialogue dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous », a-t-elle souligné.
Mettre fin aux postures et aux provocations !
Dans le même sillage du respect et du traitement d’égal à égal, qui font cruellement défaut chez la majorité des hommes et femmes politiques en France, Mme Royal, mettra le doigt sur un point essentiel dans les relations tumultueuses entre Alger et Paris : les postures et provocations. Selon elle « il faut faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent, de la part de ceux qui ne veulent pas que l’Algérie avance et qui ne veulent pas encore admettre la souveraineté nationale de l’Algérie », fait-elle remarquer.
« L’Algérie est souveraineté dans ses choix »
Concernant la souveraineté de l’Algérie, Mme Ségolène Royal, dira que « l’Algérie est souveraine à travers ses positions, son rôle diplomatique dans le monde, sa décision de non-alignement, sa liberté totale de choisir ses alliances et ses causes », a-t-elle soutenu.
La présidente de l’Association France-Algérie ajoutera également « je respecte profondément cela et j’espère que les autorités françaises finiront aussi par respecter cette souveraineté nationale de l’Algérie ». Mme Royal a souligné que « l’amitié réparée entre nos pays et nos peuples doit se réaliser, je le souhaite de tout mon cœur pour construire des passerelles de savoir et de respect par le dialogue ».
Ces déclarations sont destinées à une certaine classe politique française nostalgique de l’Algérie française et qui peuvent se résoudre que ce temps-là et désormais révolu et que la souveraineté nationale est non-négociable.
« Je suis venue écouter et apprendre »
Par la suite, Mme Royal dira qu’elle est en Algérie pour « écouter et apprendre dans deux domaines : la créativité économique et la culture ». Selon elle, ces secteurs, sont au cœur de l’Association pour l’amitié entre la France et l’Algérie qu’elle préside actuellement. « Notre association travaille depuis plus de 60 ans au développement du dialogue, de l’amitié, de l’échange, de la compréhension mutuelle et de la recherche de perspectives communes », a-t-elle mis en surbrillance.
Et d’enchaîner en affirmant que « l’histoire entre la France et l’Algérie est une histoire blessée, faite de domination, de violences indignes, mais aussi de luttes, de résistance, de destins mêlés, de familles construites entre les deux rives, de projets économiques et culturels communs, de partenariats et de potentiels trop souvent occultés ou méconnus que nous devons mettre en valeur », dira Mme Royal.
Ossements, archives et essais nucléaires…
Abordant le volet mémoriel entre l’Algérie et la France, l’hôte de l’Algérie, a exigé de la France et son président Emmanuel Macron de « restituer les ossements de tous les Chouhada conservés au Musée de l’Homme pour qu’ils soient honorablement inhumés comme l’a dit le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune ».
Mieux, la présidente de l’Association France-Algérie, revendiquera auprès de la France la restitution de l’ensemble des archives sont conservées à Aix-en-Provence et qui ont été en partie numérisées et donc qui peuvent être rendues très rapidement. « Le canon d’Alger qui se trouve à Brest. Tout cela c’est d’ailleurs la commission mixte Histoire et Mémoire qui l’a confirmé dans son rapport du 22 novembre 2023 », a-t-elle rappelé. Et d’ajouter « les archives et le dossier complet sur les essais nucléaires dans le Sahara afin de mesurer l’ampleur en effet des dégâts et les réparer », a-t-elle martelé.
« L’homme est grand par ce qu’il sait, et noble par ce qu’il fait »
Enfin et en évoquant les propos de l’Emir Abdelkader, le fondateur de l’État algérien moderne, Mme Ségolène citera ceci « L’homme est grand par ce qu’il sait, et noble par ce qu’il fait », elle a plaidé en faveur de la restitution au peuple algérien « des objets qui lui appartiennent ». « C’est ce que je dirai au président Emmanuel Macron à mon retour pour l’inciter à agir en ce sens, comme d’ailleurs il l’avait dit au début de son quinquennat », a-t-elle conclu.
Les messages de Mme Ségolène Royal à l’égard de l’Algérie et en faveur de la « réconciliation » entre les deux pays, ne sont pas ceux uniquement de la présidente de l’Association France-Algérie, mais plutôt d’une Ségolène Royal qui voudrait ouvrir une nouvelle page entre l’Algérie et la France.
Une page où les relations entre les deux pays seront bâties sur le respect mutuel et l’apaisement. Une page que Mme Royal aura peut-être à écrire en vue des prochaines élections présidentielles en France en 2027 ?
