Le nouveau ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Walid, a la ferme intention de « secouer le cocotier » au sein de ce département stratégique.
Ainsi, à peine installé dans ses nouvelles fonctions, il jette un pavé dans la marre au sujet de la numérisation du secteur, soutenant que les chiffres qui lui sont communiqués sont des « demi-vérités ».
Numérisation : le secteur de l’agriculture fait l’objet de « résistance »
Une affirmation corroborée par le président Tebboune, qui a évoqué lors de son entretien périodique avec la presse nationale des « résistances » à la numérisation dans certains secteurs, sans toutefois citer un département précis. Néanmoins, il est aisé de faire le parallèle entre les deux déclarations et comprendre que le président Tebboune visait le secteur de l’agriculture et les multiples blocages qui affectent ce département névralgique.
Afin de lever ces blocages et rassurer les opérateurs économiques et autres investisseurs, M. Yacine Walid a présidé dans la soirée du samedi 27 septembre 2025, un important rassemblement national réunissant à Alger des investisseurs publics et privés bénéficiant de terres agricoles dans le sud du pays, en présence de hauts responsables du ministère, du Bureau de développement des cultures industrielles dans les terres sahariennes (ODAS) et de l’Office national des terres agricoles (ONTA).
Des préoccupations multiples et urgentes
En effet, ce rendez-vous, qualifié de stratégique, visait à écouter les préoccupations du terrain, identifier les blocages et proposer des solutions concrètes afin de relancer efficacement les projets agricoles, notamment dans les zones sahariennes considérées comme des leviers majeurs pour la sécurité alimentaire nationale.
Les investisseurs n’ont pas manqué de souligner les difficultés qui entravent leurs activités. Parmi les plus récurrentes figurent : le raccordement des exploitations aux réseaux d’électricité et de télécommunications, l’ouverture de pistes d’accès, le manque de matériel agricole adapté aux conditions sahariennes, la nécessité de moderniser les mécanismes de soutien et ’accompagnement, la mise en place d’une carte d’évaluation des risques et d’un meilleur rôle de l’administration locale, la régularisation du foncier agricole, la facilitation de l’accès au crédit bancaire, l’octroi d’autorisations pour le forage de puits, et enfin, la dématérialisation des procédures administratives. Ces doléances traduisent l’urgence de lever les entraves bureaucratiques et techniques qui ralentissent l’essor du secteur.
Un ministre décidé à passer à l’action
Face à ces préoccupations, le ministre a assuré que toutes les questions soulevées seront traitées. Il a promis une approche pragmatique, passant par l’interpellation directe des responsables locaux et la coordination intersectorielle avec les ministères concernés, qu’il s’agisse de l’énergie, des ressources en eau, des finances ou encore des télécommunications.
Il a également annoncé l’intégration d’un programme ambitieux dans le projet de loi de finances 2026, visant à relier les exploitations agricoles et les périmètres productifs aux infrastructures essentielles.
Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité d’organiser des rencontres régulières pour suivre l’évolution des projets et résoudre progressivement les problèmes, affirmant que son département mettra désormais « les bouchées doubles » pour répondre aux attentes des investisseurs et des agriculteurs.
Une refonte en profondeur du secteur agricole
Au-delà de la gestion des urgences, Yacine Walid appelle à une réforme structurelle du secteur. Selon lui, plusieurs institutions relevant de son ministère n’ont pas évolué depuis l’indépendance et ne correspondent plus aux réalités actuelles. « Une refonte en profondeur s’impose », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance d’intégrer les nouvelles technologies et les outils numériques afin de disposer de données fiables et en temps réel pour mieux orienter les décisions stratégiques.
Vers une agriculture saharienne modernisée
Avec ce cap, le ministre veut placer l’agriculture au cœur de la diversification économique et faire du sud algérien un pôle majeur de production, capable de contribuer durablement à la souveraineté alimentaire du pays. En somme, ce premier grand rendez-vous traduit la volonté d’insuffler une nouvelle dynamique au secteur, en associant les acteurs de terrain et en engageant une démarche résolument tournée vers l’efficacité et la modernité.
