La région espagnole d’Aragon amorce un redressement spectaculaire de ses échanges commerciaux avec l’Algérie, après le coup d’arrêt brutal provoqué par la crise diplomatique entre Alger et Madrid en 2022 et 2023.
Ainsi, ce marché stratégique revient en force dans les statistiques aragonaises, avec une progression des exportations estimée à près de 820 % en 2025, marquant un véritable tournant.
L’Aragon renoue avec le marché algérien
En effet, selon des médias aragonais, entre janvier et octobre 2025, l’Espagne a exporté pour 85,4 millions d’euros de produits aragonais à destination de l’Algérie, un niveau qui tranche nettement avec l’effondrement quasi total des échanges observé deux ans plus tôt.
Au-delà du volume, ce rebond revêt une portée symbolique : l’Algérie, plus grand pays d’Afrique par sa superficie, dotée d’un accès stratégique à la Méditerranée et acteur majeur du marché énergétique mondial, retrouve une place de choix dans la géographie commerciale aragonaise.
Une trajectoire heurtée, puis un redémarrage progressif
L’évolution des échanges entre l’Aragon et l’Algérie illustre les soubresauts du commerce international ces dernières années.
En 2019, les exportations aragonaises vers l’Algérie s’élevaient à environ 131 millions d’euros. La pandémie de Covid-19 avait fait reculer ce montant à 90 millions en 2020, avant un rebond à 119 millions en 2021.
La rupture diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie a ensuite porté un coup sévère aux flux commerciaux : 54 millions d’euros en 2022, puis un effondrement historique en 2023, avec des exportations réduites à un niveau symbolique d’environ 114.000 euros.
Les premiers signaux de reprise sont apparus en 2024, avec 22 millions d’euros, avant que 2025 ne confirme un redressement net et structuré.
Papier et viande, moteurs du retour aragonais
Ce retour sur le marché algérien repose sur des secteurs bien identifiés. En 2025, la dynamique est largement portée par les produits semi-finis, qui représentent près de 50 millions d’euros sur les 85 millions exportés.
Dans ce segment, le papier s’impose comme un produit phare, totalisant à lui seul environ 45 millions d’euros, devenant un levier stratégique pour l’industrie régionale. L’agroalimentaire constitue le second pilier de ces échanges. Sur les 28 millions d’euros exportés par ce secteur, la viande concentre l’essentiel des flux, avec 27 millions d’euros, confirmant l’importance de la demande algérienne pour ce type de produits.
Une croissance globale, mais un déséquilibre commercial persistant
Au-delà du cas algérien, les chiffres du commerce extérieur aragonais témoignent d’une forte dynamique en 2025, non sans fragilités.
Selon les données de la Chambre de commerce, les exportations régionales ont atteint 1,601 milliard d’euros en octobre 2025, en hausse de 21,47 % sur un an. Les importations ont toutefois progressé encore plus rapidement, à 2,502 milliards d’euros (+41,62 %), creusant un déficit commercial de 901 millions d’euros, le plus élevé enregistré depuis le début de l’année.
Le principal moteur de cette croissance reste le secteur automobile, dont les exportations ont bondi de 167,26 %, après une année précédente marquée par un net repli.
À l’inverse, plusieurs secteurs clés affichent des performances contrastées : recul de l’agroalimentaire (-9,9 %), des produits chimiques (-2,87 %) et des biens d’équipement (-2,31 %), tandis que les biens de consommation durables progressent de 22,62 %.


