Les crimes visant les femmes continuent de se multiplier en Algérie, révélant une violence persistante aux visages multiples : violences conjugales, agressions criminelles et meurtres d’une extrême brutalité.
Ainsi, de Relizane à Constantine, en passant par Bordj Bou Arréridj et Chlef, ces drames successifs soulèvent une profonde inquiétude et interpellent l’opinion publique. Selon les dernières statistiques en date, durant l’année 2025, ce ne sont pas 37 femmes qui ont trouvé la mort des mains de leurs proches ( père, mari et frère). Une chiffre des plus alarmants!
Drame de Wafaa : séparation devient fatale !
En effet, à Relizane, le sort tragique de Wafaa, 31 ans, s’ajoute à une longue liste de féminicides. La jeune femme a été mortellement poignardée par son ex-mari devant le domicile familial. Arrêté peu après les faits, l’auteur a reconnu son crime.
Ce drame rappelle douloureusement celui d’Ikram, tuée à Sétif le 24 novembre par son ex-époux, à la sortie d’une audience judiciaire qu’elle avait engagée pour réclamer la pension alimentaire de leur enfant unique. Dans les deux cas, la violence post-séparation a conduit à l’irréparable.
La tragédie de Sara et de ses deux filles : Tentative de dissimulation
À Bordj Bou Arréridj, la découverte du corps de Sara, 28 ans, et de ses deux filles âgées de 4 et 6 ans, dans leur logement du quartier des 220 logements, sur la route de Medjana, a bouleversé l’opinion.
Dans un premier temps, certaines rumeurs ont tenté de faire croire à un infanticide suivi d’un suicide. Cependant, les résultats de l’autopsie et les premières conclusions de l’enquête ont rapidement levé le voile : il s’agissait bien d’un triple homicide, résultant de violences extrêmes, excluant toute thèse d’accident ou de suicide.
Des victimes sans défense
D’autres femmes ont été victimes d’une violence tout aussi glaçante, perpétrée par des agresseurs inconnus. À Chlef, une femme sourde-muette, quinquagénaire et sans domicile fixe, a été retrouvée égorgée, le corps portant de multiples traces de coups, dans la forêt de Touadjine, commune de Zeboudja, le 5 avril. Le pays n’a pas non plus oublié le crime abominable de la jeune Marwa, 13 ans, enlevée puis assassinée à Constantine, une affaire qui a profondément choqué l’opinion nationale et internationale.
Urgence sociétale
À Oued Souf, la jeune Roudha S. a été tuée sur son lieu de travail par un individu non identifié. À Tissemsilt, le 15 août, un homme d’une vingtaine d’années a incendié le domicile familial de sa voisine de 18 ans, provoquant sa mort ainsi que celle de son père, après que la jeune fille a refusé de l’épouser.
À Bordj El Kiffan, une femme sans-abri connue du quartier, âgée d’une cinquantaine d’années, a été retrouvée égorgée et brûlée sur la plage « Arous El Bahr ».
Enfin, à El Kala, dans la wilaya d’El Tarf, une femme de 30 ans a succombé à de graves blessures causées par une arme blanche sur la plage El Kebir. Les auteurs, trois hommes multirécidivistes âgés de 31 à 36 ans, ont été interpellés.
Ces crimes successifs, par leur cruauté et leur fréquence, mettent en lumière une urgence sociale et sécuritaire. Ils interrogent la protection des femmes, l’efficacité des mécanismes de prévention et la nécessité d’une réponse ferme, globale et durable face à toutes les formes de violence faite aux femmes.
Le profil des agresseurs en mutation
Autre tendance alarmante : le changement dans le profil des agresseurs. Si les conjoints étaient auparavant les principaux responsables des violences, les frères, pères, fils ou même amis des victimes sont désormais de plus en plus impliqués.
Cette évolution met en lumière une complexification des dynamiques familiales et sociales, où la violence s’immisce dans des relations auparavant considérées comme protectrices.
Par ailleurs, les statistiques révèlent que la majorité des violences sont commises au domicile des victimes, un lieu pourtant censé incarner la sécurité. Les agressions surviennent souvent le soir ou la nuit, des moments où les femmes se sentent particulièrement vulnérables.
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