Le gouvernement de Sifi Ghrieb, notamment les ministères des hydrocarbures et mines, ainsi que celui de l’intérieur, collectivités et Transports, sont sur les charbons ardents. Ils tentent de calmer la grogne née des hausses des carburants pour le premier et la colère des transporteurs pour le second.
Ainsi, après les « justifications » du département de Mohamed Arkab au sujet de la hausse des carburants dans les stations-service, c’est au tour de celui de Saïd Sayoud de tenter d’éteindre le vent de la contestation qui souffle au sein de la corporation des transporteurs et les chauffeurs de taxi. Les premiers ont débrayé hier 1er janvier 2026 et les seconds menacent de garer leurs taxis le 6 janvier prochain.
Un secteur névralgique touché par la contestation
En effet, depuis le 1er janvier, un mouvement de grève d’envergure paralyse le transport de voyageurs et de marchandises dans plusieurs wilayas. Entre l’augmentation surprise des prix du carburant à la pompe et le durcissement drastique des sanctions routières, les professionnels du secteur crient à l’asphyxie économique.
Le constat est sans appel dans plusieurs wilayas : bus à l’arrêt, stations de taxis désertes et camions immobilisés. La mobilisation, largement relayée par des images de parkings saturés sur les réseaux sociaux, a rapidement suscité l’inquiétude. Au-delà du quotidien des citoyens, c’est l’implication des transporteurs de carburant qui fait peser une menace sérieuse sur l’approvisionnement du marché national et la stabilité de secteurs stratégiques.
Le nouveau Code de la route : l’étincelle
La colère des transporteurs cristallise autour du nouveau Code de la route adopté par le Parlement. Les professionnels dénoncent un texte « déconnecté des réalités », mettant en avant :
● Des sanctions jugées excessives : Des amendes et des peines de prison nettement revues à la hausse.
● Un mépris du terrain : Les chauffeurs pointent du doigt l’état déplorable des infrastructures routières, qui pèse déjà sur la maintenance et la sécurité.
● Une fragilité économique : Entre hausse des coûts d’exploitation et pression fiscale, beaucoup estiment que ce nouveau cadre menace la survie même de leurs entreprises.
Vers un dénouement ? Le dialogue s’installe
Face à l’urgence, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités Locales et des Transports a réagi. Aujourd’hui, le 2 janvier, une réunion de concertation a été présidée par le Secrétaire Général du ministère, sur instruction du ministre Saïd Saayoud.
Le gouvernement a tenu à clarifier deux points majeurs pour faire baisser la tension :
• Le projet de loi sur le Code de la route est toujours en phase d’enrichissement. Les autorités assurent que les propositions des partenaires sociaux seront prises en compte.
• Le dossier des tarifs de transport est officiellement ouvert, avec la promesse d’un équilibre entre la viabilité des transporteurs et le pouvoir d’achat des citoyens.
L’appel au sens des responsabilités
Les grandes centrales syndicales, telles que l’UGTA et l’UGCAA, ont adopté une posture de médiation. Tout en affirmant porter les préoccupations de la base, elles appellent à la « retenue » et à la « conscience syndicale ».
L’enjeu immédiat est la rentrée scolaire prévue ce dimanche 4 janvier 2026. Le Syndicat National des Transporteurs par Taxi (SNTT) a ainsi exhorté ses membres à assurer la continuité du service public pour ne pas pénaliser les élèves de retour de vacances.
« Le dialogue sérieux et responsable est le moyen idéal pour garantir les droits des professionnels tout en préservant la stabilité générale », a souligné Issam Bedrissi, porte-parole de l’UGCAA.


