Tout comme tout ailleurs, en Algérie, Yennayer 2976, qui coïncide avec le 12 janvier de chaque année, a été grandement et admirablement célébré dans toutes les localités de la wilaya de Tizi-Ouzou. Les festivités se sont étalées sur plusieurs jours et se poursuivent toujours.
Ainsi, comme à l’accoutumée, c’est la maison de la culture Mouloud Mammeri du chef-lieu de wilaya où sont concentrées les principales activités qui a été le point de chute de nombreux visiteurs.
Ce qui a attiré l’attention est que la Direction de la culture a su comment susciter une émulation au sein de nombreuses troupes féminines qui ressuscitent le chant populaire porté durant des décennies par des femmes qui restent gardiennes de la culture Amazigh.
La direction de la culture en é métronome
En effet, qui ne se rappelle pas l’émission mythique de la Radio Chaîne 2 des années 60 et 70 notamment jusqu’au milieu des années 80 » Urar n lkhalet » où l’on pouvait entendre les voix tendres et mélodieuses de La Yamina, Lla Zina et bien d’autres qui ont maintenu ce style folklorique alors que chanter pour une femme dans la société kabyle n’est pas seulement un tabou mais s’approchait du blasphème et de la transgression des lois ancestrales ? Avec l’organisation du concours du prix » Urar n Lkhalet », la directrice de la culture et des arts de la wilaya, Mme Nabila Gouméziane a su mobiliser les femmes et des jeunes filles à reprendre le flambeau de leurs aînées.
Les chants d’un passé glorieux
Ainsi, dans de nombreux villages même les plus reculés de la wilaya, sont nées des troupes qui se mobilisent et œuvrent durant toute l’année à redonner son aura à ce style musical ancestral la place qui lui sied dans la société et dans ce domaine artistique. Ces troupes ont émerveillé le public venu les écouter dans une ambiance festive empreinte de joie et de convivialité dans la grande salle de la maison de la culture qui porte le nom d’ Amusnaw, le grand Mouloud Mammeri qui a consacré toute sa vie à écrire et sauvegarder la langue Amazigh pour laquelle il consacré des travaux de base qui, aujourd’hui, sont des repères pour les auteurs en langue Amazigh.
Yessis n Ath Ergane rempotent le 1er prix
Au terme de cette activité, le jury qui avait à choisir trois troupes lauréates n’a rien laissé au hasard afin de noter comme il se doit ces belles voix fémines venues de tous les coins et recoins de la wilaya. Au terme des sélections, c’est la troupe » Yessis n Ath Ergane« , d’ Agouni Gueghrane( Les filles d’Ath Ergane) , village natal du monument de la chanson kabyle et algérienne Slimane Azem, qui a remporté le premier prix talonnée de près à la deuxième place par la troupe » Agraw n lkhalet » d’ Ath Houalhadj d’ Ath Bouadou, dans la daira des Ouadhias, et à la troisième place est classée la troupe » Tissekrine Idurar »,( les perdrix des montagnes) de Ouezguene d’ Illoula Oumalou alors que le prix spécial » Lla Yamina » dédié à l’une des pionnières de ce style folklorique kabyle, est revenu à la troupe » Tadukli » de Tifilkout d’ Illilten.
Cette édition a été totalement réussie grâce à l’organisation parfaite et à la qualité des troupes qui se sont lancées dans ce concours qui valorise un style musical le plus ancien du terroir algérien.
