À Tizi-Ouzou, les transporteurs privés assurant la navette entre les divers villages de la wilaya sont pressés de « saigner » leurs usages.
Ainsi et contrairement aux transporteurs d’Ath Menguellet, dans la daira de Ain El Hammam, qui ont pris une décision unilatérale d’augmenter leur tarif, ceux de Tafoughalt, une contrée relevant de la commune d’Ait Yahia Moussa, ont opté pour la grève afin de se faire entendre.
Pour 10 DA de plus…
En effet, depuis près d’une semaine, ces transporteurs qui assurent la liaison entre leur village et la ville de Draâ El Mizan, sur une distance de 12 kilomètres, ont préféré garrer leurs véhicules et d’observer la grève. Ils revendiquent la hausse de la place de 10 dinars. C’est-à-dire, désormais, le voyageur devra s’acquitter de 50 dinars au lieu de 40 dinars, tarif d’il y a seulement quelques jours.
Ce débrayage cause d’innombrables problèmes aux habitants, notamment les travailleurs, du village jusqu’à leur lieu de travail soit à Draâ El Mizan soit encore à Boghni ou ailleurs. Ce blocage est loin de voir de solution parce que les responsables du secteur n’ont décidé jusqu’à maintenant d’aucune augmentation du tarif du ticket suite à la hausse des carburants depuis le premier janvier dernier.
Pourquoi débrayent-ils ?
Selon nos sources, ces grévistes ne lient pas leur action seulement au prix du litre de gazoil à la pompe, mais à d’autres raisons. «Je vous dis sincèrement que cette ligne de transport n’est pas rentable. Nous travaillons à la perte. Tout d’abord, l’état du chemin communal de Tamda Ali à notre village est dans un état piteux à quoi s’ajoutent trois kilomètres d’une pente abrupte. En plus de cela, le manque de pièces de détachées et leur cherté ainsi que la pénurie de pneus sont d’autres facteurs auxquels nous ne pouvons pas faire face», explique un gréviste. Et de poursuivre : « Si on compare la ligne Draâ El Mizan-Boghni qui est située dans la vallée est fixée à 40 dinars alors que la nôtre sur 12 kilomètres dont trois en pente raide, elle est aussi à 40 dinars. C’est injuste. En tout cas, il vaut mieux garer le fourgon et changer d’activité que de travailler dans de telles conditions. Nous appelons la direction des transports à se pencher sur les transporteurs qui assurent la ligne Tafoughalt vers Draâ El Mizan « , nous a confié l’un des grévistes.
Les usagers pris en otage
Quant aux habitants du village, ils sont pris en otage. « Je commence à travailler à sept heures du matin et je ne trouve aucun transporteur. Mon employeur m’a averti d’arriver à l’heure. Dans le cas contraire, il suspendra mon contrat. Donc, il faut faire toute une gymnastique. Je me lève à cinq heures et je dois parcourir les trois kilomètres à pied jusqu’à la RN 25 dans l’espoir d’avoir une place dans un bus de passage ou un fourgon qui assure la ligne Draâ El Mizan-Ait Yahia Moussa si celui-ci venait vide. Pour rentrer le soir, c’est un parcours du combattant », nous a expliqué, exaspéré, un jeune père de famille qui travaille dans un magasin à Draâ El Mizan.
Les jeunes filles qui ont des emplois au chef-lieu de daira sont les plus pénalisées car elles ne peuvent recourir au système D en faisant de l’auto-stop.
Les usagers de ce moyen de transport appellent les transporteurs à suspendre ce mouvement tout en revendiquant leurs droits à la Direction du transport et aller les rencontrer pour trouver une solution à ce problème.
