Le début de l’année a été marqué par une vive agitation dans les milieux économiques, alimentée par des informations autour des transactions en espèces.
Ainsi, commerçants, artisans et opérateurs économiques ont exprimé leur inquiétude face à ce qui a été perçu comme un durcissement soudain des règles encadrant les dépôts de cash au niveau des banques.
Ce que prévoit réellement la directive de la Banque d’Algérie
En effet, à l’origine de cette confusion, la mise en œuvre, à compter du 1er janvier, d’un encadrement plus strict des dépôts en espèces sur les comptes commerciaux, décidé par la Banque d’Algérie.
Une mesure rapidement interprétée comme une interdiction pure et simple du cash, provoquant un climat d’indignation et de méfiance, largement amplifié sur les réseaux sociaux. Pourtant, le dispositif mis en place s’inscrit dans une démarche graduelle.
La Banque d’Algérie a prévu un délai d’un mois afin d’accompagner les clients dans cette transition, leur permettant de réduire progressivement le recours aux espèces et d’adopter davantage les moyens de paiement scripturaux, notamment le chèque et les instruments électroniques. Cette orientation fait suite à la note n° 02/DGIG/2025, publiée le 22 décembre 2025, rappelant aux banques leur obligation d’appliquer un devoir de vigilance fondé sur une approche par les risques. Le texte limite les dépôts en espèces sur les comptes commerciaux, sans pour autant viser une exclusion brutale du cash du circuit économique.
L’UGCAA monte au créneau pour lever le flou
Face à la montée de la contestation, l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a rapidement saisi les pouvoirs publics.
Son secrétaire général, M. Issam Bedrissi, accompagné d’une délégation de l’Union, a été reçu ce dimanche par la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national pour évoquer les répercussions de ces mesures sur l’activité commerciale et les préoccupations des professionnels.
Selon l’UGCAA, la rencontre s’est déroulée dans un climat d’écoute, de transparence et de responsabilité. Les échanges ont permis de clarifier la portée réelle de la directive de la Banque d’Algérie et de dissiper les malentendus qui ont nourri la polémique.
D’ailleurs, l’Union a confirmé qu’il a été procédé à une révision et à une clarification de l’instruction, afin d’éliminer toute ambiguïté et de rassurer les acteurs économiques quant à la continuité normale de leurs activités.
Modernisation des paiements : accompagner plutôt que contraindre
Dans ce cadre, les autorités ont réaffirmé leur volonté d’avancer vers la modernisation des moyens de paiement de manière progressive. Des campagnes de sensibilisation et d’accompagnement seront renforcées, notamment en matière d’ouverture de comptes bancaires et d’utilisation des terminaux de paiement électronique (TPE).
L’objectif affiché est de diversifier les moyens de paiement au bénéfice du consommateur, faciliter l’activité des commerçants et des opérateurs économiques, sans mesures coercitives, et ce, dans le cadre de dispositions s’inscrivant avant tout dans une politique de prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme.
