Les relations énergétiques entre Alger et Ankara franchissent un nouveau palier.
Ainsi et selon des informations obtenues par la plateforme spécialisée Attaqa, des négociations sont en cours pour finaliser un nouveau contrat de gaz naturel liquéfié (GNL), témoignant de la solidité de l’axe algéro-turc.
Un partenariat historique en phase de révision
En effet, les discussions visent à prolonger l’accord d’exportation de GNL pour une durée de trois années supplémentaires, à compter de 2028. Ce renouvellement, assorti de plusieurs ajustements, intervient dans un contexte de mutations rapides sur les marchés énergétiques mondiaux.
Selon la même source, les pourparlers entre la compagnie nationale algérienne Sonatrach et l’entreprise turque BOTAŞ portent sur l’extension du contrat actuel, qui arrive à échéance fin 2027. Ces négociations prévoient notamment des révisions tarifaires pouvant atteindre 10 %, afin de s’adapter aux nouvelles réalités du marché mondial et à l’évolution des coûts de production.
Ce partenariat n’est pas récent : les liens contractuels entre Sonatrach et BOTAŞ remontent à 1988. Il s’agit de l’une des coopérations énergétiques à long terme les plus anciennes et les plus stables du bassin méditerranéen.
La Turquie, premier client du GNL algérien
Le GNL algérien demeure un pilier central du mix énergétique turc, particulièrement crucial durant les pics de consommation hivernaux. En novembre 2023, les deux pays avaient déjà prolongé leur contrat commercial jusqu’à la fin de l’année 2027. Selon les termes actuels, l’Algérie fournit à la Turquie environ 4,4 milliards de mètres cubes par an.
Les données de l’unité de recherche d’Energy Outlook indiquent qu’en 2025, la Turquie a conservé sa position de premier importateur de GNL algérien, captant environ 33 % des exportations totales du pays.
Classement des principaux importateurs de GNL algérien en 2025 :
• Turquie : 3,14 millions de tonnes.
• France : 2,31 millions de tonnes.
• Italie : 1,62 million de tonnes.
• Espagne : 1,44 million de tonnes.
• Royaume-Uni : 0,64 million de tonnes.
Un contexte de diversification pour Ankara
Malgré cette domination, les volumes importés par Ankara ont enregistré une baisse de 910 000 tonnes par rapport à 2024 (où ils atteignaient 4,05 millions de tonnes), reflétant une baisse générale des exportations algériennes. En 2025, les exportations globales de GNL de l’Algérie ont chuté de 18 %, s’établissant à 9,54 millions de tonnes contre 13,45 millions en 2023 (un sommet historique sur dix ans).
Pour la Turquie, ces négociations s’inscrivent dans une stratégie plus large de diversification. Ankara a récemment multiplié les accords avec l’Azerbaïdjan, l’Australie et les États-Unis, signant des contrats s’étendant parfois sur 20 ans. L’objectif est de bâtir un portefeuille d’importation flexible, équilibré entre contrats de long terme et achats sur le marché spot, tout en profitant de ses infrastructures de regazéification de pointe.
Vers une consolidation de l’axe Alger-Ankara
L’issue des négociations entre Sonatrach et BOTAŞ devrait confirmer la volonté des deux nations de sécuriser leurs approvisionnements dans une zone méditerranéenne sous tension géopolitique. Pour l’Algérie, il s’agit de maintenir ses parts de marché dans l’une des économies les plus dynamiques de la région ; pour la Turquie, il s’agit de garantir sa sécurité énergétique via un partenaire historique fiable.
