L’actuel ministre de l’Agriculture, M. Yacine Oualid, mise énormément sur l’introduction des sciences afin de moderniser son département, lequel souffre encore d’un certain archaïsme au niveau de sa gestion.
Ainsi et dans une démarche visant à renforcer la productivité agricole et à appuyer les décisions techniques sur des bases scientifiques solides, les ministères de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur ont scellé un accord de coopération axé sur les analyses agricoles, notamment celles des sols et des engrais. Une initiative structurante qui s’inscrit pleinement dans la feuille de route du secteur agricole à l’horizon 2026.
Un accord au cœur de la feuille de route agricole 2026
Dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs de la feuille de route du secteur de l’agriculture pour l’année 2026 — en particulier ceux liés à l’amélioration du rendement à l’hectare des grandes cultures — le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Walid, et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, ont présidé, ce dimanche 8 février 2026, la cérémonie de signature d’une convention de coopération entre les deux secteurs.
Cet accord porte spécifiquement sur les analyses agricoles, avec un accent particulier sur l’analyse des sols et des engrais, en tant que levier essentiel de modernisation et d’optimisation des pratiques agricoles.
Mobiliser l’expertise universitaire au profit des agriculteurs
À travers cette convention, les deux parties ambitionnent de mobiliser les universités et leurs laboratoires afin de réaliser différentes analyses agricoles au bénéfice des agriculteurs et des investisseurs. L’approche retenue repose sur la mise en réseau des capacités scientifiques existantes, l’harmonisation des protocoles d’analyse et la garantie de la qualité des résultats.
Parallèlement, l’accord prévoit le renforcement de la recherche appliquée, le développement de la formation pratique et un transfert effectif des connaissances scientifiques vers le terrain agricole.
Des objectifs techniques et structurants
Signée par le directeur général de la production agricole au ministère de l’Agriculture et le directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique au ministère de l’Enseignement supérieur, la convention vise notamment à :
- Combler le déficit structurel en services d’analyses agricoles fiables ;
- Améliorer la qualité des décisions techniques liées aux pratiques culturales ;
- Optimiser l’utilisation des intrants agricoles dans une logique de durabilité ;
- Renforcer la recherche scientifique, la formation appliquée et le transfert de savoir-faire vers le monde agricole.
Analyses des sols, de l’eau et des intrants agricoles
Concrètement, la coopération portera sur l’évaluation des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des sols afin de déterminer leurs besoins réels en fertilisation. Elle inclut également l’analyse de la qualité des eaux d’irrigation et de leur impact sur les sols et les cultures.
En outre, les engrais feront l’objet de contrôles rigoureux pour vérifier leur conformité aux normes et la teneur en éléments nutritifs essentiels (N-P-K). Des analyses des semences et des plants seront également réalisées afin de garantir leur qualité et leur adéquation aux exigences techniques.
Soutien aux étudiants et renforcement de l’innovation agricole
Au-delà des aspects techniques, les deux ministères ont convenu d’accompagner les étudiants dans la réalisation de stages scientifiques et de mémoires de fin d’études dans ce domaine stratégique. L’accord prévoit aussi l’intensification des activités de recherche et développement, notamment dans la production et la sélection variétale à l’aide de techniques moléculaires avancées.
Il s’agit, à terme, de proposer l’enregistrement de nouvelles variétés plus résilientes, d’améliorer la qualité des eaux d’irrigation et d’optimiser la formulation des engrais en fonction des spécificités locales.
Les drones au service du suivi des grandes cultures
Enfin, en marge de cette cérémonie, une autre convention a été signée entre l’Institut technique des grandes cultures et la Direction générale des forêts. Celle-ci porte sur la dotation de l’institut en drones destinés au suivi du développement des grandes cultures, notamment en matière de rendement, ainsi qu’à la lutte contre les maladies et les parasites.
