Plus d’une année après le glissement de terrain survenu au village d’Ouled Aïssa, à la périphérie de Draâ El Mizan, au sud-ouest de Tizi-Ouzou , les familles sinistrées vivent toujours dans l’incertitude concernant leur indemnisation.
Ainsi, la catastrophe qui s’est produite fin février 2025, a profondément marqué cette localité pourtant réputée paisible.
Si aucune perte humaine n’a été enregistrée, près d’une cinquantaine d’habitations ont été endommagées.
Des maisons fissurées et un sol toujours instable
En effet et à la suite du déplacement du wali de Tizi-Ouzou sur les lieux, les familles affectées ont été relogées provisoirement dans des logements sociaux. Mais depuis, la situation semble figée, selon plusieurs habitants rencontrés sur place.
Plusieurs sinistrés affirment que la faille provoquée par le glissement n’a jamais été totalement stabilisée. Certaines habitations restées sur place continuent de se fissurer, alimentant l’inquiétude des résidents, d’autant plus que les pluies persistent en ce mois de mars. « Depuis cet après-midi d’horreur, nos maisons ne sont plus les mêmes. Le sol est déstabilisé et nous ne dormons plus la nuit », témoigne un habitant revenu inspecter sa maison à deux étages, aujourd’hui gravement endommagée.
Des relogés rêvent de rentrer chez eux
Les familles transférées vers des cités de relogement provisoire disent vivre difficilement cet exil forcé. Beaucoup expriment le désir de retourner sur leurs terres d’origine, où se trouvent leurs maisons, leurs jardins et leurs souvenirs. « Une année passée dans cette cité me semble une éternité. Je ne m’habitue pas à la vie en appartement. Mon souhait est de retourner à Ouled Aïssa, auprès de mes figuiers et de mes poiriers », confie un quinquagénaire relogé à la cité du 1er Novembre 1954 (Cosider).
L’absence d’informations sur les indemnisations dénoncée
Par ailleurs et au-delà du relogement, la principale préoccupation demeure l’indemnisation des biens détruits. Sur les réseaux sociaux, notamment via la page dédiée aux sinistrés d’Ouled Aïssa, de nombreux messages réclament une communication claire des autorités sur les expertises et l’évaluation des habitations.
Plusieurs familles estiment qu’un logement social de type F3 ne peut compenser la perte d’une villa de plusieurs étages, dont la valeur se chiffre à plusieurs milliards de centimes.
« Si l’indemnisation correspondait réellement à la valeur de ma maison, je quitterais immédiatement cet appartement pour reconstruire sur la terre de mes ancêtres », affirme un autre sinistré.
Les autorités interpellées face à l’attente prolongée
Enfin, les habitants d’Ouled Aïssa appellent les pouvoirs publics à accélérer les procédures d’expertise et à communiquer officiellement sur les modalités d’indemnisation. Ils rappellent qu’en novembre dernier, lors d’une visite à Draâ El Mizan pour l’inauguration d’un tronçon routier, le ministre des Travaux publics avait donné instruction d’évaluer les dégâts liés au glissement de terrain. Plusieurs mois après cette annonce, les sinistrés disent ne constater aucune avancée concrète et restent plongés dans l’expectative.
