Après le Niger, où l’Algérie à travers le groupe Sonatrach, a repris ses activités après des mois de brouille diplomatique, c’est au tour de Burkina Faso de bénéficier de l’expertise de l’Algérie dans le domaine des hydrocarbures et aussi et surtout permettre la relance de la diplomatie entre Alger et Ouagadougou.
Ainsi, ce vendredi 13 février 2026, à Ouagadougou, MM Arkab et Adjel, ont procédé en compagnie de leur homologue burkinabè, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, M. Yacouba Zabré Gouba, à la signature d’un procès-verbal de discussions reflétant les résultats positifs des entretiens bilatéraux tenus entre les deux parties.
L’Algérie acte son retour au Burkina !
En effet et selon le département le ministère des Hydrocarbures et des mines, ce procès-verbal consacre la volonté commune des deux pays d’élever les relations de coopération au niveau d’un partenariat stratégique dans les domaines des hydrocarbures, de l’énergie et des mines, en concrétisation des orientations du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la coopération africaine et à consacrer le principe du partenariat Sud–Sud.
Le procès-verbal comprend plusieurs axes de coopération prioritaires, notamment dans le domaine de l’approvisionnement du Burkina Faso en produits pétroliers, le développement de la coopération dans le gaz de pétrole liquéfié ( GPL) et le renforcement des capacités de stockage et de distribution, ainsi que l’élargissement du partenariat dans le secteur de l’électricité à travers l’accompagnement de la société nationale d’électricité du Burkina Faso dans les projets de production, de transport, de distribution, de maintenance et d’équipements.
Le document prévoit en outre, le soutien à la coopération dans le domaine de l’exploitation et de la transformation des ressources minières, l’échange d’expertises et d’expériences, ainsi que le lancement de programmes de formation au profit des cadres et techniciens burkinabè dans les différentes spécialités des hydrocarbures, de l’électricité et des énergies renouvelables.
Hydrocarbures : sécuriser l’approvisionnement et structurer la chaîne de valeur
Dans le détail, les discussions ont porté sur les perspectives d’approvisionnement du Burkina Faso en produits pétroliers raffinés. Les deux parties ont examiné les voies de renforcement de la coopération entre Sonatrach et la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY), en particulier en matière de logistique, de stockage et de distribution.
Il a également été question de faire bénéficier la partie burkinabè de l’expertise algérienne dans la production, le transport et la distribution des produits pétroliers, notamment le GPL et le propane. Les échanges ont porté sur la possibilité d’accompagner la création d’un centre d’emplissage de bouteilles de gaz butane au Burkina Faso, incluant la fourniture d’équipements et de bouteilles, ainsi que la mise en place de programmes de formation spécialisés.
À cet égard, le ministre d’État a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie, à travers Sonatrach et Naftal, à accompagner le Burkina Faso sur l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures, y compris les aspects réglementaires et institutionnels, tout en intensifiant les actions de transfert de savoir-faire.
Électricité et énergies renouvelables : l’expertise algérienne au service des projets structurants
En outre, les entretiens ont mis en lumière les opportunités de coopération entre le groupe Sonelgaz et la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL). Les discussions ont porté sur le renforcement des capacités de production, le développement des réseaux de transport et de distribution, la maintenance ainsi que la fourniture d’équipements électriques.
Un accent particulier a été mis sur l’accompagnement des programmes d’électrification rurale et le développement de projets d’énergies renouvelables. Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables a ainsi exprimé la disposition de l’Algérie à soutenir le Burkina Faso tout au long de la chaîne de valeur du secteur électrique, en s’appuyant sur l’expertise technique et d’ingénierie de Sonelgaz.
Mines et industrie : valorisation des ressources et coopération dans le ciment
Dans le domaine minier, les deux parties ont examiné les moyens de promouvoir l’exploitation et la transformation des ressources naturelles, à travers l’échange d’expertises, le transfert de technologies et la formation, afin de générer une plus forte valeur ajoutée au bénéfice des économies nationales.
Sur le plan industriel, les discussions ont porté notamment sur le développement de l’industrie du ciment au Burkina Faso. L’Algérie a exprimé sa volonté d’accompagner ce processus en s’appuyant sur l’expérience du groupe GICA, reconnu pour son savoir-faire dans ce domaine.
La formation, pilier d’un partenariat durable
Enfin, les deux parties ont accordé une importance particulière au volet formation et renforcement des capacités humaines. Les instituts algériens spécialisés dans les secteurs des hydrocarbures, de l’énergie et des mines ont manifesté leur disponibilité à accueillir des cadres et techniciens burkinabè dans des programmes de formation ciblés.
Vers des mécanismes de suivi opérationnels
En conclusion, les deux délégations ont convenu de mettre en place des mécanismes conjoints de suivi afin d’assurer la concrétisation effective des axes de coopération arrêtés. Cette volonté commune traduit l’ambition des deux pays de bâtir un partenariat énergétique, minier et industriel durable, au service des intérêts des deux peuples et du renforcement de l’intégration africaine.
