Le dossier de l’industrie automobile en Algérie continue de susciter interrogations et frustrations. Interpellé à l’APN, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a reconnu que le principal frein au lancement des usines reste le manque de foncier industriel disponible. Une déclaration qui contraste avec les assurances précédentes de l’AAPI.
Un optimisme officiel face à une impatience grandissante
Depuis plusieurs mois, les autorités publiques affichent leur volonté de bâtir une industrie automobile « viable et durable » en Algérie. Pourtant, sur le terrain, les projets tardent à se concrétiser.
Les citoyens, confrontés à la flambée des prix des véhicules et à la rareté de l’offre, commencent à perdre patience. Beaucoup espéraient que l’installation rapide d’usines de fabrication permettrait d’accéder à des voitures neuves à des prix plus abordables.
À l’APN, le ministre pointe le manque de foncier
Ce jeudi 12 février 2025, le ministre de l’Industrie, M. Yahia Bachir, a été interpellé à l’Assemblée populaire nationale (APN) sur l’état d’avancement des projets automobiles.
Sa réponse a été claire : l’Algérie fait face à un déficit en foncier industriel. Selon lui, la mise en place d’une « véritable » industrie automobile exige du temps, de la patience et surtout des « assiettes de terrain ».
Le principal obstacle au démarrage des nouvelles usines serait donc la difficulté à trouver des terrains viables sans empiéter sur les terres agricoles. « Il faudrait que l’opinion publique sache que nous éprouvons de grandes difficultés à trouver un foncier industriel viable sans empiéter sur les terres agricoles », a-t-il déclaré.
Il a toutefois rappelé que l’usine Fiat d’Oran a pu voir le jour rapidement grâce à la disponibilité préalable du terrain.
Des engagements de l’AAPI remis en question
Ces déclarations contrastent avec celles du directeur général de l’Agence algérienne pour la promotion des investissements (AAPI), Omar Rekkache, qui avait assuré aux marques internationales que l’agence prendrait en charge la question du foncier.
En 2024, lors d’une rencontre avec les représentants de la marque Chery, il s’était engagé à accompagner le projet, notamment en matière de disponibilité des terrains. Deux ans plus tard, le projet d’usine d’assemblage Chery peine toujours à se concrétiser en raison du manque de foncier.
La situation est similaire pour la marque chinoise Jetour, toujours à la recherche d’une assiette foncière. En revanche, Hyundai a pu bénéficier d’un terrain initialement destiné au projet Volkswagen, sous l’ancien régime.
« Pas de précipitation », prévient le ministre
Pour Yahia Bachir, toute précipitation risquerait de provoquer un « retour en arrière ». Il affirme que l’objectif demeure la mise en place d’une industrie automobile solide et concurrentielle, conforme aux engagements du président de la République. « Nous allons y parvenir. Néanmoins, nous avons besoin d’un peu plus de temps et de foncier », a-t-il conclu.
