L’Algérie vient de franchir un cap décisif dans le renforcement de sa souveraineté spatiale, un enjeu capital pour les défis techniques et technologiques à venir.
Ainsi, l’Agence spatiale algérienne, vient de parapher deux importants accords majeurs avec Geespace, filiale spatiale du groupe industriel chinois Geely Holding Group.
Déploiement de l’Internet des objets par satellite
En effet, ces partenariats, à forte dimension technologique et industrielle, s’inscrivent dans la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté spatiale de l’Algérie et ses capacités autonomes dans ce secteur stratégique.
Le premier accord a été signé entre Algérie Télécom Satellite et Geespace. Il porte sur le développement de services d’Internet des objets par satellite (Satellite IoT), reposant sur des satellites placés en orbite terrestre basse (LEO).
Cette technologie, caractérisée par une faible latence et des coûts de déploiement réduits, ouvre des perspectives concrètes dans plusieurs domaines clés : transport intelligent, agriculture de précision, énergie ou encore logistique. L’orbite basse s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique pour améliorer la connectivité dans les zones isolées et soutenir la transformation numérique de secteurs vitaux.
Co-développement de petits satellites et transfert de technologie
Le second accord engage directement l’Agence spatiale algérienne dans un programme de co-développement avec Geespace portant sur la conception et la fabrication de petits satellites.
Ce partenariat prévoit un transfert de technologie au profit des ingénieurs algériens, ainsi que la mise en place de capacités industrielles spatiales sur le territoire national. Un aspect déterminant, puisqu’il dépasse le cadre d’une simple coopération commerciale pour s’inscrire dans une logique de développement industriel local et d’autonomie technologique.
L’orbite basse au cœur de la compétition mondiale
Par ailleurs et selon un rapport récent du China Global South Project, ces deux accords convergent vers un même objectif : l’intégration de l’Algérie dans la nouvelle économie spatiale fondée sur les constellations de satellites en orbite terrestre basse.
À l’échelle internationale, ce segment est dominé par des projets de grande envergure tels que SpaceX avec son réseau Starlink ou encore Amazon avec le programme Project Kuiper. Face à ces acteurs majeurs, de nombreux États cherchent à développer leurs propres capacités afin de ne pas rester dépendants des infrastructures étrangères pour l’accès à la connectivité satellitaire.
Ces accords sino-algériens pourraient ainsi positionner l’Algérie comme un acteur émergent du spatial en Afrique et dans le monde arabe, tout en renforçant son indépendance technologique à long terme.
