Réunissant acteurs, industriels et experts internationaux, la conférence de Ranadrill Energy : Low Carbon ( bas-carbone) Solutions & Technologies s’est imposée comme un espace stratégique de réflexion autour des solutions décarbonisation.
Ainsi, pendant deux jours ( 3 et 4 février 2026), et au niveau de l’hôtel holiday inn de Cheraga ( Alger), les échanges ont porté sur les mutations du secteur énergétique, les nouvelles contraintes réglementaires et les opportunités économiques liées à la décarbonisation, dans un contexte mondial de transition accélérée.
Une plateforme d’expertise au service de la transition énergétique
En effet, l’événement a offert une opportunité majeure aux acteurs du secteur énergétique de valoriser leur expertise, de partager leur savoir-faire et d’interagir directement avec des décideurs et chefs de projets impliqués dans différentes activités industrielles.
Dans cette dynamique, Ranadrill Energy a déployé un programme spécialisé destiné aux professionnels du secteur, avec pour objectif de renforcer les compétences techniques et d’accompagner l’amélioration continue des services proposés aux clients et partenaires.
La conférence a également été marquée par la participation d’experts représentant Sonatrach, Solar Turbines, EMI, ainsi que plusieurs autres entreprises de référence, apportant des visions complémentaires issues de différents segments de la chaîne énergétique, de l’amont pétrolier et gazier aux technologies industrielles bas carbone.
Décarbonisation : entre contrainte réglementaire et opportunité économique
Dans un contexte de hausse continue des émissions mondiales, les débats ont mis en évidence une transformation majeure du secteur énergétique. La réduction des émissions de carbone n’est plus seulement un impératif environnemental, mais devient un levier économique stratégique.
Pour les participants le CO₂, largement utilisé dans de nombreuses applications industrielles et dans l’extraction pétrolière et gazière, notamment dans les champs matures, ouvre la voie à une nouvelle dynamique d’activités liées à sa capture, son transport et sa valorisation.
Cette évolution s’inscrit dans un environnement marqué par l’émergence de nouveaux mécanismes réglementaires, fiscaux et commerciaux, poussant les entreprises à adapter leurs modèles économiques et à transformer les contraintes environnementales en opportunités de création de valeur durable.
Workshops : analyser les leviers techniques de la transition
Dans cette perspective, les workshops organisés, ont permis d’examiner en profondeur les mécanismes techniques et économiques qui structurent aujourd’hui la transition énergétique. Les discussions ont notamment mis en lumière la montée en puissance des technologies de captage, stockage et valorisation du CO₂ (CCS, CCUS, EOR), désormais considérées comme des solutions industrielles capables de conjuguer performance environnementale et rentabilité économique.

Les échanges ont également souligné le rôle stratégique du gaz naturel dans les mix énergétiques européen et asiatique, en tant que source de stabilité face à l’intermittence des énergies renouvelables. Parallèlement, l’innovation technologique a été présentée comme un facteur déterminant pour améliorer l’efficacité de l’exploration pétrolière et gazière, tandis que la compréhension du marché du carbone et des réglementations CBAM s’impose désormais comme un enjeu central pour la compétitivité des entreprises exportatrices.
Panels de haut niveau : vers une approche systémique du secteur énergétique
Dans la continuité, les panels organisés le 4 février ont élargi la réflexion à une vision plus globale et stratégique. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’optimiser l’utilisation du gaz naturel grâce à une meilleure intégration des énergies renouvelables et à des investissements ciblés dans la pétrochimie et les technologies de conversion.

La décarbonisation a ainsi été analysée comme une opportunité de transformation économique pour l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur Oil & Gas, de l’exploration à la consommation finale. Les discussions ont également porté sur l’amélioration de la compétitivité de la production à travers des solutions innovantes de forage et d’intégrité des puits, avant d’aborder les défis techniques, financiers et industriels liés au développement à grande échelle de l’hydrogène vert, identifié comme un pilier stratégique des trajectoires énergétiques futures.
Décarbonisation : Paroles d’experts
Intervenant lors de l’événement, Mohamed Ghazli, Grid Connection Expert chez Luxcara, a souligné l’importance des échanges multidisciplinaires : « L’événement a été très intéressant et utile. Les experts présents étaient de haut niveau, chacun apportant l’expérience de son entreprise ou de son industrie. Les discussions ont permis de présenter des méthodes, des plans et des programmes concrets, tout en offrant une lecture croisée des enjeux propres à différents secteurs. ».
Les discussions ont permis de présenter des méthodes, des plans et des programmes concrets, tout en offrant une lecture croisée des enjeux propres à différents secteurs. ».
Mohamed Ghazli, Grid Connection Expert chez Luxcara.
Il a également insisté sur le rôle du networking, estimant qu’il constitue un levier essentiel pour « mieux comprendre les structures internes des industries, obtenir une vision globale des défis à relever et approfondir les discussions autour de la décarbonisation, notamment à travers des stratégies concrètes de réduction des émissions et l’intégration de solutions durables dans les processus industriels ».
De son côté, Simon Pierar, Market Strategy Manager chez Solar Turbines, a mis en avant les enjeux réglementaires et technologiques qui redéfinissent le paysage énergétique :
« Nous avons participé à des Workshops sur des sujets majeurs comme la capture du carbone et les nouvelles réglementations européennes susceptibles d’impacter les exportations algériennes de gaz vers l’Europe. Les discussions ont également porté sur l’impact croissant des data centers sur la demande en turbines à gaz et sur les conséquences pour nos clients historiques, notamment dans le secteur pétrolier et les industries locales. »
Pour l’Algérie, le potentiel est considérable dans le domaine du low carbon grâce au solaire , notamment dans les régions sahariennes
Simon Pierar, Market Strategy Manager chez Solar Turbines
Il a par ailleurs souligné le rôle des turbines à gaz dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en mettant en avant des solutions intégrant le biogaz et l’hydrogène. « Pour l’Algérie, le potentiel est considérable dans le domaine du low carbon grâce au solaire , notamment dans les régions sahariennes. Toutefois, l’intermittence de ces énergies nécessite des solutions d’appoint fiables et peu polluantes, un rôle que peuvent jouer des turbines à gaz compatibles avec l’hydrogène et le biogaz », a-t-il ajouté.
Une transition énergétique en construction
Au final, Ranadrill Energy : Low Carbon Solutions & Technologies s’affirme comme une plateforme stratégique d’échanges et de prospective, où la transition énergétique est abordée à la fois comme un défi technologique, une exigence réglementaire et une opportunité économique. En réunissant industriels, experts et décideurs, l’événement contribue à dessiner les contours d’un modèle énergétique plus durable, fondé sur l’innovation, la valorisation du carbone et l’intégration progressive des solutions bas carbone dans les stratégies industrielles.
