Le géant énergétique italien Eni passe à la vitesse supérieure en Algérie.
Avec l’intégration de la deuxième phase du projet gazier de Touat dans sa stratégie 2027-2030, Rome et Alger consolident un partenariat énergétique devenu vital pour l’Europe. Décryptage d’une annonce clé pour le secteur.
Un nouveau cap stratégique pour Eni et la production de gaz en Algérie
C’est une annonce qui confirme la place centrale de l’Algérie sur la carte énergétique méditerranéenne. À l’occasion de la présentation de ses résultats financiers du premier semestre 2026, le groupe italien Eni a officialisé l’intégration du projet « Touat Phase 2 » dans son portefeuille de développement à moyen terme.
Prévu pour entrer en exploitation entre 2027 et 2030, cet actif gazier situé dans le sud-ouest algérien s’inscrit dans la volonté de la compagnie de sécuriser ses approvisionnements et de soutenir la croissance de sa production internationale.
Ce qu’il faut retenir :
- Projet : Extension de la concession gazière de Touat (Phase 2).
- Horizon d’exploitation : Entre 2027 et 2030.
- Acteurs majeurs : Eni (54 % de la coentreprise) et Sonatrach.
- Objectif : Augmenter la production de gaz naturel, condensats et GPL.
Les contours du projet « Touat Phase 2 » : ce que l’on sait
Bien que le calendrier général soit fixé, Eni n’a pas encore dévoilé la Décision Finale d’Investissement (FID). Plusieurs détails techniques et financiers restent à préciser par le groupe italien :
- Le montant global des investissements prévus ;
- Le nombre exact de nouveaux puits qui seront forés ;
- Les volumes supplémentaires de gaz naturel, de condensats et de GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié) attendus.
L’avantage de l’extension de gisement
Sur le plan économique, le raccordement de nouveaux puits à des infrastructures de traitement déjà existantes permet de réduire considérablement les coûts de développement et d’accélérer les délais de mise en service par rapport à un projet entièrement nouveau.
Le sud-ouest algérien, véritable hub énergétique
Le complexe de Touat regroupe plusieurs gisements à fort potentiel ainsi que des unités de traitement de pointe. Après une interruption temporaire en 2022 destinée à moderniser le site, les opérations avaient repris pour atteindre une efficacité optimale.
Cette montée en puissance s’inscrit dans le sillage du rachat des actifs de Neptune Energy par Eni, permettant au groupe italien de consolider sa position stratégique :
| Structure / Entité | Rôle & Participation |
|---|---|
| Eni & E Algeria Touat | Coentreprise détenue à 54 % par Eni |
| Intérêt économique d’Eni | 35,1 % dans la concession |
| Touat Gaz | Entité opérationnelle chargée du traitement et de la gestion (Partenariat Eni-Sonatrach) |
L’Algérie, pilier incontournable de la sécurité énergétique italienne
Présent en Algérie depuis 1981, le géant transalpin ne cesse de renforcer son ancrage. Des bassins de Berkine à In Amenas, en passant par In Salah ou le récent contrat sur la zone de Zemoul El Kbar, la synergie entre Eni et Sonatrach est au cœur de la stratégie gazière de Rome.
Une coopération qui dépasse le cadre des hydrocarbures
L’axe Alger-Rome évolue progressivement vers un modèle énergétique global :
- Exportation de gaz naturel : Répondre à la forte demande des marchés européens.
- Développement des renouvelables : Accord signé en 2024 entre Eni, Sonatrach et Sonelgaz pour la production d’électricité verte.
- Interconnexion : Étude d’un câble sous-marin reliant directement l’Algérie à l’Italie pour l’exportation d’énergie propre.
Quels défis d’ici 2030 ?
L’intégration de Touat Phase 2 dans la feuille de route d’Eni marque une étape cruciale, mais le projet devra franchir plusieurs jalons réglementaires et financiers dans les prochains mois. La validation définitive des investissements et le lancement des travaux de forage seront observés de près par l’industrie énergétique mondiale, confirmant l’Algérie comme l’un des fournisseurs de gaz les plus fiables pour l’Europe.
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