Les enquêtes judiciaires sur les soupçons d’irrégularités ayant entaché le récent scrutin législatif s’accélèrent en Algérie.
De Djelfa à Oran, en passant par Bouira, la justice frappe fort : des dizaines de cadres de l’ANIE, de superviseurs et d’élus ont été placés en détention provisoire. Le point sur un scandale qui secoue la scène politique.
Djelfa : 8 mandats de dépôt à Hassi Bahbah
La wilaya de Djelfa se retrouve au cœur de la tempête. Jeudi soir, le juge d’instruction près le tribunal de Hassi Bahbah a ordonné le placement en détention provisoire de huit personnes, tandis que deux candidates ont été assignées à un contrôle judiciaire.
Selon des informations rapportées par le média El Khabar, les investigations ciblent directement :
- Des encadreurs et des membres locaux de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).
- Des candidats aux législatives.
Parmi les personnalités sous contrôle judiciaire figure notamment une députée fraîchement élue à l’Assemblée populaire nationale (APN) sous la bannière du Parti de l’Unité nationale et du Développement (formation ayant raflé deux des six sièges de la wilaya).
Des tensions internes et des recours fraternels
Fait marquant de ce scrutin : la bataille n’a pas seulement opposé les partis rivaux. Les sources locales révèlent que de nombreux recours émanent de conflits internes au sein des mêmes listes électorales, certains candidats accusant leurs propres colistiers de manipulation des voix.
Oran et Bouira : Des dizaines d’interpellations pour falsification
L’onde de choc s’étend à d’autres régions du pays, alimentée par la diffusion virale de vidéos sur les réseaux sociaux et le dépôt de plaintes visant des bureaux de vote spécifiques.
Plus de 50 arrestations à Oran
À Oran, le coup de filet est spectaculaire. Les autorités ont interpellé une cinquantaine d’individus. Parmi les suspects placés en détention provisoire pour suspicion de manipulation des urnes, on compte un député élu ainsi que huit organisateurs du scrutin.
Une quarantaine de superviseurs ciblés à Bouira
La wilaya de Bouira n’échappe pas à la rigueur de la justice. Près de quarante superviseurs et organisateurs ont été arrêtés. L’enquête se concentre ici sur des soupçons de falsification flagrante de procès-verbaux (PV) de dépouillement au profit de candidats précis.
Des morts qui votent ? Les partis politiques s’insurgent
Plusieurs formations politiques sont rapidement montées au créneau pour dénoncer des anomalies majeures. Outre les falsifications de PV, certains partis affirment avoir recensé des votes enregistrés au nom de personnes décédées, jetant une ombre sur la transparence des opérations dans plusieurs centres de vote.
Le jour du scrutin, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait fermement prévenu que l’État ferait preuve d’une « fermeté absolue » face à toute tentative d’atteinte à l’intégrité des urnes. La vague d’arrestations actuelle semble acter la mise en exécution de ces directives présidentielles.
Les investigations se poursuivent et pourraient révéler de nouvelles complicités dans les jours à venir.
