Face à une alerte émise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Algérie a déclenché un dispositif préventif national contre le virus Hantavirua et les maladies transmises par les rongeurs.
Ainsi et selon le communiqué du ministère de la Santé, l’Algérie est officiellement classé « faible », tout en assurant que les autorités sanitaires que ce pathogène peut tuer un patient sur deux.
Un virus discret mais mortel
En effet, le Hantavirus appartient à la famille des des virus à ARN transmis principalement par contact direct ou indirect avec des rongeurs infectés — leurs excréments, leur urine ou leur salive. Ce qui rend ce virus particulièrement redoutable, c’est sa longue période d’incubation, pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines, rendant la détection précoce difficile. Son taux de mortalité peut atteindre 50 %, ce qui en fait l’un des agents zoonotiques les plus létaux répertoriés.
Des mesures concrètes aux frontières et dans les hôpitaux
L’instruction ministérielle ordonne le renforcement immédiat du contrôle sanitaire aux postes frontaliers, avec mise à disposition d’équipements de dépistage. En parallèle, les établissements hospitaliers sont tenus d’aménager des salles d’isolement dédiées à la prise en charge de tout cas suspect, dès sa détection. Sur le terrain, les autorités locales sont appelées à intensifier les campagnes de dératisation. La population est également invitée à adopter des réflexes de prévention contre les maladies zoonotiques : éviter tout contact avec des rongeurs, sécuriser les denrées alimentaires et signaler toute infestation.
Symptômes, incubation et populations à risque
Le ministère rappelle que les premiers signes du Hantavirus sont la fièvre, les douleurs musculaires, les troubles digestifs et les difficultés respiratoires, susceptibles d’évoluer vers un syndrome pulmonaire aigu. La période d’incubation peut s’étendre jusqu’à six semaines, ce qui complique la détection précoce. Le risque de décès — estimé entre 40 et 50 % — est significativement plus élevé chez les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques.
Le ministère insiste néanmoins sur un point rassurant : l’infection reste maîtrisable grâce au diagnostic précoce, à l’isolement rapide du patient et à la surveillance de son entourage proche.
L’Institut Pasteur seule instance habilitée à confirmer les cas
La confirmation biologique des cas suspects relève exclusivement du laboratoire national de référence des virus transmis par les arthropodes, rattaché à l’Institut Pasteur d’Algérie, dans son annexe de Sidi Fredj. Aucun autre établissement n’est habilité à valider un diagnostic de Hantavirus sur le territoire national.
Protection du personnel soignant et élargissement aux autres zoonoses
Les établissements hospitaliers sont tenus de garantir la stricte application des protocoles d’isolement et de mettre en place des mesures de protection spécifiques pour les équipes médicales et paramédicales exposées.
La circulaire élargit également la vigilance aux autres maladies transmises par les rongeurs : leptospirose, peste, fièvres hémorragiques à hantavirus, salmonellose et infections bactériennes liées à la contamination de l’eau et des aliments.
Dératisation nationale et diffusion élargie
Le ministère de la Santé demande une coordination renforcée avec les collectivités locales pour intensifier les campagnes de dératisation sur l’ensemble du territoire. Il insiste par ailleurs pour une diffusion large de cette instruction auprès de toutes les équipes de santé — services d’urgence, unités hospitalières, personnels paramédicaux — afin de garantir une détection rapide de tout cas suspect.
