L’Algérie conserve une place importante dans le commerce mondial des produits laitiers, même si ses importations connaissent un net ralentissement au cours des premiers mois de 2026.
Ainsi, selon les données publiées par l’Institut national du lait d’Uruguay (Inale), le marché algérien demeure un débouché stratégique pour les exportateurs uruguayens, notamment sur le segment du lait entier en poudre.
Un recul global des importations en 2026
En effet, les statistiques d’Inale indiquent qu’entre janvier et avril 2026, les importations algériennes de produits laitiers ont atteint environ 398 millions de dollars, soit une baisse de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce recul s’explique principalement par la forte diminution des achats de lait écrémé en poudre, en chute de 49 %, ainsi que des importations de fromages qui enregistrent une baisse encore plus marquée de 53 %.
Dans ce contexte globalement orienté à la baisse, le lait entier en poudre fait figure d’exception. Les volumes importés par l’Algérie ont progressé de 8 % sur les quatre premiers mois de 2026, confirmant la place centrale de ce produit qui représente désormais près de la moitié des importations laitières du pays.
Une forte concurrence entre fournisseurs
Sur ce segment, la concurrence internationale reste très structurée. L’Uruguay s’impose comme le premier fournisseur de l’Algérie avec 42 % des volumes, devant la Nouvelle-Zélande qui en détient 34 %, tandis que l’Argentine occupe la troisième position avec 22 %.
Si l’on élargit l’analyse à l’ensemble des produits laitiers importés par l’Algérie, la hiérarchie des fournisseurs change légèrement. L’Union européenne arrive en tête avec 37 % des approvisionnements, suivie de l’Uruguay avec 25 %, de la Nouvelle-Zélande avec 19 % et de l’Argentine avec 13 %, tandis que les autres pays se partagent les 6 % restants.
L’Uruguay consolide ses performances à l’export
Du côté uruguayen, la filière laitière continue d’afficher une dynamique positive malgré les fluctuations du marché international. Depuis le début de l’année 2026, les exportations du secteur ont atteint 366 millions de dollars, en hausse de 3 % par rapport à la même période de 2025.
Le lait entier en poudre demeure le principal moteur de cette performance, générant à lui seul 249 millions de dollars de revenus, soit une progression de 6 %. Les volumes exportés ont atteint 68 558 tonnes, en hausse de 15 %, confirmant le poids central de ce produit dans l’économie laitière du pays.
Cette catégorie concentre désormais près de 80 % des volumes exportés par l’Uruguay et plus des deux tiers des recettes globales de son industrie laitière.
Une filière fortement dépendante de quelques marchés clés
À titre de comparaison, le secteur laitier uruguayen avait clôturé l’année 2025 avec des exportations totales de 669 millions de dollars, pour un volume supérieur à 168 000 tonnes, à un prix moyen avoisinant 3 978 dollars la tonne.
Le rapport de l’Inale souligne également l’importance stratégique de plusieurs marchés pour l’Uruguay. L’Algérie figure parmi les cinq principaux débouchés du secteur laitier uruguayen, aux côtés du Brésil, de la Mauritanie, de la Russie et du Chili. Ensemble, ces cinq pays concentrent environ 70 % des recettes issues des exportations laitières de l’Uruguay, dont les produits sont commercialisés dans 82 pays à travers le monde.
L’Algérie entre importations et stratégie d’autosuffisance
Parallèlement à sa dépendance aux importations, l’Algérie poursuit une stratégie visant à renforcer sa production nationale afin de réduire progressivement ses achats à l’étranger et améliorer sa sécurité alimentaire.
Cette orientation se traduit notamment par le projet intégré « Baladna », implanté dans la wilaya d’Adrar. Ce programme prévoit une production annuelle de 100 000 tonnes de lait en poudre ainsi que la création d’environ 5 000 emplois, avec pour objectif de réduire la facture des importations et de consolider l’autosuffisance du pays.
