Comme chaque année, à cette date précise, le 6 janvier, la population d’Ait Yahia Moussa, dans la daïra de Draâ El Mizan, au sud-ouest de Tizi-Ouzou, commémore la bataille du 6 janvier 1959, connue sous le nom de la bataille de Vougarfen.
Ainsi, cette commémoration est avant tout un devoir de mémoire, pour que personne n’oublie les atrocités commises à l’encontre du peuple algérien par le colonisateur français durant 132 ans d’occupation et les 387 martyrs tombés au champ d’honneur armes à la main dans cette région, berceau de la révolution, où est né le colonel Krim Belkacem qui négocia l’indépendance de l’Algérie à Evian face à des hommes politiques français après des discussions qu’il a dirigées comme responsable de la délégation algérienne.
Un message en direction des…traitres
En effet, ce 6 janvier 2026, fut une occasion pour rappeler à ceux qui appellent à la scission de la Kabylie que le sang de ces valeureux martyrs n’a pas encore séché pour renier leur combat en vue de la libération totale du territoire algérien. A rappeler que les négociateurs d’Evian à leur tête, feu Krim Belkacem, étaient inflexibles de céder un pouce de l’Algérie. Ou l’indépendance totale ou les combats continuent.
Justement, cette commémoration est intervenue dans un contexte particulier où la famille révolutionnaire entière dont de vieilles femmes vêtues du drapeau national ont marqué leur présence à cet événement aux côtés de jeunes enfants venus des écoles environnantes entonner des chants patriotiques et s’imprégner du combat de leurs aînés.
La France face à ses crimes
En dépit d’une pluie battante de ce 6 janvier 2026, les responsables de l’ONM de Tizi-Ouzou, les Moudjahidines, les veuves et les enfants de chouhadas, les autorités locales de la municipalité d’Ait Yahia Moussa et de la daïra de Draâ El Mizan, les services de sécurité, ont assisté à cette journée commémorative.
Après l’écoute de l’hymne national et le dépôt des gerbe de fleurs au piédestal de la stèle érigée au centre du carré des martyrs qui porte le nom de cette grande bataille, plusieurs personnes sont revenues en détails sur cette bataille qui a duré une semaine entière en soulignant la férocité des forces coloniales qui ont utilisé tous les moyens pour non seulement combattre les centaines de combattants algériens présents à Vougarfen mais aussi ont recouru à la politique de le terre brûlée à l’égard de la population.
Souvenir douloureux…
» Vers seize heures alors que les combats faisaient rage corps à corps au milieu des oliveraies et des maquis, les forces coloniales n’ont pas trouvé quoi faire que de lancer du napalm sur les villages brûlant enfants, femmes, vieux et bêtes. C’était de l’enfer « , nous confiait un brûlé au napalm, il y a de cela quelques années à l’occasion de la commémoration de la date anniversaire de cette bataille.
Hier, encore, certaines personnes sont revenues sur ces moments de barbarie extrême. Durant cette bataille, les forces coloniales ont utilisé de gros moyens. Certaines sources indiquent que trente-deux avions de guerre et 32000 soldats armés jusqu’aux dents. Le fait marquant est la capture du sinistre capitaine Grazziani, le tortionnaire de plusieurs femmes algériennes dont la Moudjahida Louisette Ighil Ahriz et le lieutenant Chassin. Les deux soldats ont été achevés par les Moudjahidines en répression à la sauvagerie de la soldatesque coloniale.
L’Algérie n’est pas un vain mot !
Après une semaine de combats, 387 martyrs ont été comptabilisés par les responsables de l’ALN. Des postes militaires ont été alors installés dans les villages de la région et Ait Yahia Moussa est déclarée zone interdite.
Enfin, cette commémoration est pour les initiateurs un moment de mémoire où il faudra rappeler à la génération actuelle que l’indépendance de l’Algérie n’est pas un vain mot.
