Face à une facture de pièces de rechange qui culmine à 800 millions de dollars par an, le gouvernement algérien mise sur une production locale massive.
Ainsi, entre le lancement imminent du pneu poids lourd chez Iris et l’arrivée de nouveaux géants industriels, le secteur amorce un virage stratégique.
Le « Made in Algeria » à l’assaut du gros tonnage
En effet, l’industrie mécanique nationale s’apprête à vivre un tournant historique le 1er avril prochain, date marquée par le lancement de la toute première gamme de pneumatiques pour poids lourds de la marque Iris, déjà leader sur le segment des véhicules légers.
Cette annonce stratégique, dévoilée par le ministre du Commerce extérieur devant la Commission des finances, s’inscrit dans un plan de déploiement d’envergure visant à briser la dépendance aux importations : outre l’ouverture prévue de deux complexes industriels sous le label « Intercontinental » à Oran et Touggourt d’ici 2027, le gouvernement a déjà délivré des licences de production à cinq opérateurs privés.
Pour encadrer cette transition et assainir le marché intérieur, une exclusivité temporaire d’importation a été confiée à l’entreprise nationale Naftal, le temps que cette nouvelle force de frappe industrielle nationale ne prenne le relais pour réduire drastiquement une facture de devises jugée excessive.
Vers une gestion rigoureuse des flux commerciaux
Cette souveraineté industrielle s’inscrit dans une politique plus large de contrôle des changes et de régulation des flux. Le ministre a notamment fait le point sur le commerce dit de « cabas » (petit importateur), désormais strictement encadré :
● 7 081 demandes d’importation ont été enregistrées sous ce régime.
● Le plafond est désormais fixé à 1,8 million de dinars par voyage, limité à deux déplacements par mois.
L’objectif est de passer du commerce informel à une économie structurée, tout en boostant les exportations hors hydrocarbures qui ont déjà bondi de 2 à 5 milliards de dollars.
Discipline budgétaire : L’exigence de la transparence
En marge de ces annonces industrielles, la Commission des finances de l’APN a rappelé les impératifs de la loi organique 18-15. Pour que cette relance industrielle soit pérenne, l’État exige une gestion des deniers publics exemplaire :
● Numérisation totale : Fin des opacités avec la généralisation du système d’information intégré pour le suivi budgétaire.
● Ciblage des aides : Le passage aux subventions monétaires directes est préconisé pour assainir les transferts sociaux.
● Évaluation de la performance : Chaque dinar investi dans les projets structurants (comme les zones franches de Tindouf ou les mines de Gara Djebilet) devra répondre à des indicateurs de performance précis.
