La formation politique Jil Jadid est sur tous les fronts en perspective des élections législatives prévues le 2 juillet 2026.
Ce parti, présidé par le Dr Lakhdar Amokrane, a tenu sa trentième (30ᵉ) session du Conseil national ordinaire, ce samedi 11 avril 2026, dans le but de préparer comme il se doit cette échéance électorale d’une part, et de l’autre, de mener une analyse objective et factuelle de la situation interne du pays.
Réformes ou « encadrement » accru ?
En effet, concernant le processus électoral et son cadre juridique, le Conseil national de Jil Jadid note avec « préoccupation » ce qu’il définit comme une accumulation de réformes.
Ces dernières sont, à titre d’exemple, la révision constitutionnelle, la nouvelle loi sur les partis politiques et l’amendement de la loi électorale, qui ont été, selon cette formation politique, adoptés sans véritable concertation. « Pris isolément, ces textes peuvent apparaître techniques, mais leur enchaînement traduit une orientation politique claire vers un encadrement accru du champ politique et une sélection progressive des acteurs », alerte Jil Jadid.
Pour ce dernier, les amendements apportés à ces textes de loi ne se contentent pas de « modifier les règles du jeu » mais, selon cette formation politique, ils visent à « redéfinir » les conditions d’accès à la compétition politique. « Cette évolution renforce le rôle de l’administration sans répondre au défi central : restaurer la confiance entre citoyens et institutions », est-il en outre mentionné.
Sans véritable volonté…
S’exprimant sur la portée politique de ces réformes, Jil Jadid estime que les amendements dits « techniques » « ne répondent pas » aux attentes de la société. Pour le Conseil national de cette formation politique, le défi actuel est avant tout politique. « Dans un contexte de crise de confiance profonde », Jil Jadid préconise d’aller vers plus d’ouverture, de garanties et d’inclusion. Or, d’après cette formation politique, la tendance observée est inverse : « davantage de contrôle, plus de contraintes et davantage d’exclusion », déplore le parti.
Jil Jadid souligne que sans une « véritable volonté » politique d’ouverture, aucune réforme technique ne peut produire une légitimité durable.
Participer, c’est résister !
Par ailleurs, abordant la participation de Jil Jadid aux prochaines élections législatives et locales, le Conseil national estime qu’il s’agit là d’une conviction profonde consistant à ne pas abandonner le champ politique à la logique de fermeture et de résignation. « Participer, c’est refuser l’enfermement du champ politique, maintenir un lien direct avec les citoyens (…) », est-il mis en évidence.
Dans la foulée, le Conseil national annonce la mise en place d’une Commission nationale des élections. Cette commission aura pour mission de « préparer et superviser » le processus électoral interne du parti, de sélectionner les candidats selon des critères de compétence et d’intégrité, de suivre le déroulement de la campagne électorale et de garantir la transparence ainsi que la cohérence politique.
Dans le même ordre d’idées, anticipant une probable abstention de la part des citoyens, Jil Jadid lance un message lucide : « Nous comprenons la défiance, car elle est fondée sur des expériences réelles… », admet cette formation politique, avant de nuancer : « Cependant, l’abstention ne constitue pas une solution durable. Participer, c’est refuser la marginalisation politique et empêcher la confiscation de la décision. Chaque voix compte. Même dans des conditions imparfaites, l’engagement demeure un acte responsable », insistent les membres du Conseil national.
Jil Jadid interpelle les autorités
Enfin, cette formation politique n’hésite pas à interpeller les autorités concernant le bon déroulement non seulement des élections législatives de juillet prochain, mais aussi des prochaines échéances électorales, notamment les présidentielles. Ainsi, Jil Jadid, afin de garantir « un minimum de crédibilité » aux élections du 2 juillet, insiste sur :
• Assurer une transparence totale du processus électoral
• Garantir l’égalité d’accès aux médias publics
• Lever les obstacles administratifs devant les candidats
• Faciliter la participation politique afin de réduire l’abstention
• Assurer la neutralité effective de l’administration
Ceci pour le court terme. Concernant le moyen terme, le Conseil national de Jil Jadid plaide pour :
• L’ouverture d’un dialogue politique sérieux et inclusif et la réhabilitation de la vie politique et associative
• La garantie effective des libertés publiques
• L’engagement d’une réforme politique fondée sur la participation et non sur le contrôle
Selon cette formation politique, la poursuite d’une « logique de fermeture » ne fera qu’aggraver la crise. « L’Algérie a besoin d’un processus qui renforce la confiance, la légitimité et la participation », conclut ce parti.
