Reconnue langue nationale et officielle par la Constitution algérienne depuis une décennie, Tamazight peine pourtant à s’imposer dans le système éducatif national.
Ainsi et malgré les efforts constants du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), créé en avril 1995, la généralisation de l’enseignement de cette langue reste un chantier inachevé, même dans les wilayas historiquement berbérophones.
Une initiative du directeur de l’éducation de Batna
En effet et face à ce constat préoccupant, le directeur de l’éducation de la wilaya de Batna, M. Lakhdar Ben Azzouz, a décidé d’agir. Dans une correspondance datée du 30 mars, adressée aux directeurs des établissements primaires, il les a invités à organiser des séances de sensibilisation destinées aux élèves, afin de les encourager à s’inscrire à l’apprentissage de Tamazight pour l’année scolaire 2026/2027. L’objectif déclaré est également de justifier l’ouverture de postes budgétaires supplémentaires dédiés à cette matière.
Le document insiste sur la nécessaire collaboration avec les inspecteurs de la langue amazighe, et rappelle que Tamazight constitue un héritage linguistique et culturel fondamental, porteur de l’identité nationale algérienne.
Tamazight : toujours facultative, trente ans après son introduction
Si l’initiative est saluée, elle met en lumière une réalité persistante : Tamazight demeure une matière optionnelle dans les écoles algériennes. Cette situation suscite l’incompréhension de nombreux citoyens et militants de la cause amazighe, qui s’interrogent sur la portée réelle du statut officiel et national de la langue.
Les enseignants de Tamazight de la wilaya de Batna ont, à de nombreuses reprises, interpellé le secrétaire général du HCA ainsi que le ministre de l’Éducation nationale, réclamant l’obligation de l’enseignement de cette langue pour tous les élèves, sur l’ensemble du territoire national.
« Trente ans après son introduction dans le système éducatif, Tamazight garde toujours son caractère facultatif », déplore un enseignant pionnier de la langue à Tizi-Ouzou, lui-même ancien professeur d’arabe reconverti à l’enseignement du tamazight.
Un élan brisé depuis les accords d’avril 1995
Des militants de la cause amazighe observent un relâchement sensible par rapport à l’élan qui avait suivi la signature des accords du 22 avril 1995, lorsque le HCA était directement rattaché à la présidence de la République sous feu Liamine Zeroual, avec la promesse que tous les moyens seraient mobilisés pour promouvoir la langue. Aujourd’hui, l’enjeu reste entier : faire de Tamazight une matière enseignée de plein droit, à égalité avec les autres langues nationales, dans toutes les écoles d’Algérie.

