L’APC de la Casbah a mené ce jeudi une opération d’envergure pour démanteler les commerces illicites qui obstruaient depuis des années les rues emblématiques de la Basse Casbah. Djamâa Lihoud, la rue de la Lyre et Zenquat Laârayass retrouvent enfin leur visage d’origine.
Ainsi, jeudi matin, d’importantes forces de police, des agents de voirie et plusieurs engins de levage — dont un bulldozer à roues — ont investi les artères les plus commerçantes de la Basse Casbah d’Alger.
Les rues historiques libérées du commerce informel
En effet, en quelques heures, des dizaines de baraques, tréteaux et chapiteaux installés illégalement des deux côtés des ruelles ont été démolis et évacués vers la décharge.
L’opération, minutieusement préparée par les services de l’APC de la Casbah, n’a rencontré aucune résistance. La mobilisation impressionnante des forces de l’ordre a suffi à dissuader tout incident.
Les artères ciblées sont parmi les plus importantes de la cité millénaire. La rue Abderrahmane Arbadji, ex-rue Marengo, et son prolongement la rue Amar Ali dit « Ali La Pointe », ex-rue Randon, étaient depuis des années envahies par des vendeurs de fruits, légumes, poissons et trabendistes de vêtements et articles de sport. La rue Bouzrina, ex-rue de La Lyre, ainsi que la célèbre Zenquat Laârayass ont également été dégagées.
Ces rues constituent le cœur battant du commerce traditionnel de la Casbah, autour du monument emblématique de Djamâa Farès — que les habitants appellent encore affectueusement Djamâa Lihoud, en référence à l’ancienne synagogue qui occupait les lieux.
Les commerçants légaux soulagés
Les commerçants régulièrement installés dans ces rues n’ont pas caché leur soulagement.
Azziouez, marchand rue Bouzrina, dénonce depuis longtemps une concurrence déloyale insupportable : « Ils ne paient ni taxes, ni impôts, ni loyers. Et chaque soir, ils laissent derrière eux des montagnes de cartons et de détritus devant nos magasins. ».
Allilou, commerçant en tissus à Zenquat Laârayass, se réjouit lui aussi de l’opération, tout en regrettant qu’elle ait tardé : « Je suis un authentique enfant de la Casbah. Depuis la fin des années 70, je n’avais pas vu la Casbah aussi belle, aussi aérée et aussi propre qu’aujourd’hui. »
La crainte d’un retour des marchands illicites
Si l’opération est saluée unanimement, commerçants et habitants appellent à la vigilance. Allilou insiste : « Il faudrait maintenant maintenir des forces de police sur les lieux pour décourager tout retour. ». Un vieux guide de la Casbah va plus loin, réclamant l’extension de l’opération à la Rue Bab El Oued, de la place des Martyrs jusqu’à Kahouet El Maroki, en passant par le mythique quartier de Zoudj Aâyounes.
La Casbah retrouve son lustre d’antan
Enfin, au-delà de l’aspect sécuritaire et commercial, cette opération redonne espoir à ceux qui rêvent de voir la « Casbah d’Alger», classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, retrouver la splendeur qui fit sa légende. Une Alger lumineuse, au pied de la sublime baie méditerranéenne, qui commence à se rappeler à elle-même.
