L’affaire de l’avocate Latifa Dib vient de connaître un nouveau dénouement judiciaire. Poursuivie pour des publications sur les réseaux sociaux, elle a vu sa peine initiale divisée par deux par la Cour d’Alger ce mardi.
Retour sur une procédure qui a captivé l’opinion publique et le milieu judiciaire algérien.
Un verdict allégé par la Cour d’Alger
Ce mardi, la dixième chambre pénale près la Cour d’Alger a rendu son arrêt dans l’affaire très médiatisée de l’avocate Latifa Dib. Le juge Zaaboub Toufik, qui présidait l’audience, a prononcé une peine de deux ans de prison ferme, assortie d’une amende de 200 000 dinars.
Cette décision, rapportée initialement par le média Ennahar Online, constitue un allègement significatif par rapport au verdict prononcé en première instance, qui condamnait l’avocate à une peine deux fois plus lourde. Le tribunal a toutefois décidé de maintenir le montant de l’amende initiale.
Les réseaux sociaux au cœur des accusations
L’affaire Latifa Dib s’inscrit dans un contexte où les publications sur internet sont scrutées de près par les autorités judiciaires. L’avocate a été poursuivie pour délit d’« exposition au regard du public de publications de nature à nuire à l’intérêt national et aux symboles de la République ».
Ces accusations, fondées sur l’article 96 du Code pénal algérien, font suite à une série de publications diffusées sur les réseaux sociaux, qui ont été formellement attribuées à l’accusée. C’est sur la base de ce contenu numérique que le parquet a déclenché l’action publique, estimant que les propos tenus franchissaient la ligne rouge de la préservation de l’intérêt suprême du pays.
La ligne de défense : « Une simple demande de protection »
Lors de son audition devant le juge d’appel, Maître Latifa Dib a catégoriquement rejeté l’ensemble des charges retenues contre elle. Adoptant une position ferme, l’avocate a nié en bloc toute volonté de nuire aux institutions de l’État.
Selon ses propres déclarations à la barre, ses écrits sur les réseaux sociaux n’avaient aucune portée subversive. Elle a tenu à clarifier le contexte de ses publications, expliquant que sa démarche visait exclusivement à solliciter une protection. L’accusée a insisté sur le fait qu’elle n’avait, à aucun moment, nourri l’intention d’offenser une quelconque partie gouvernementale ou de se porter préjudice à elle-même par des actes répréhensibles.
En réduisant la peine de l’avocate, la justice algérienne clôture une étape cruciale de ce dossier sensible, rappelant au passage la rigueur avec laquelle l’article 96 du Code pénal est appliqué concernant les prises de parole sur les plateformes numériques.
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