Le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Mauritanie connaît une progression fulgurante. Portées par des projets d’infrastructures colossaux comme la route Tindouf-Zouerate, les deux nations ambitionnent désormais de décupler leurs flux économiques pour atteindre des sommets inédits.
Ainsi, au moment où la 8e édition de la Foire des produits et services algériens ouvre ses portes à Nouakchott, les deux capitales, Alger et Nouakchott, comptent « booster » leur coopération commerciale.
350 entreprises algériennes au rendez-vous
Cet événement commercial, se veut une vitrine exhaustive du « savoir-faire algérien ». Plusieurs secteurs stratégiques seront représentés pour répondre aux besoins du marché mauritanien, notamment, Industrie et Construction : Matériaux de bâtiment, industries manufacturières, Agroalimentaire, produits pharmaceutiques, cosmétiques et détergents, tourisme et ingénierie.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, l’ambassadeur d’Algérie en Mauritanie, M. Amine Saïd, a souligné que cette 8ᵉ édition constitue une « nouvelle étape » dans le renforcement du partenariat économique entre les deux pays, dans un contexte de dynamique ascendante reflétant la volonté commune des présidents Abdelmadjid Tebboune et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Il a également indiqué que cette manifestation commerciale, s’inscrit dans l’orientation de l’Algérie visant à renforcer sa présence en Afrique, soutenue par de grands projets et la structuration de la coopération économique, notamment après la signature de 29 accords lors de la dernière commission mixte, couvrant des secteurs vitaux tels que l’énergie, le transport et l’industrie.
Une croissance spectaculaire en quelques années
Par ailleurs, lors de l’« invitée de la rédaction » de la Chaîne I, en marge de la 8e édition du Salon des produits algériens à Nouakchott, le président du Conseil d’affaires algéro-mauritanien, Youssef El Ghazi, a dévoilé des chiffres éloquents.Alors que les échanges bilatéraux stagnaient autrefois autour de 50 millions de dollars, ils s’élèvent aujourd’hui à près de 500 millions de dollars. Cette multiplication par dix en un temps record témoigne de la nouvelle dynamique diplomatique et économique impulsée par les deux chefs d’État.
La route Tindouf-Zouerate : Le futur poumon du commerce transsaharien
Si les chiffres actuels sont encourageants, ils ne représentent que le début d’une transformation profonde. Le levier principal de cette accélération sera la mise en service complète de la route terrestre reliant Tindouf à Zouerate. « Ce projet stratégique est appelé à devenir un levier essentiel du commerce. Les indicateurs actuels nous permettent de projeter une multiplication par dix des échanges dans les prochaines années », a affirmé Youssef El Ghazi.
Cette infrastructure ne se contente pas de relier deux villes ; elle ouvre une véritable autoroute commerciale vers l’Afrique de l’Ouest, facilitant le transport de marchandises, réduisant les coûts logistiques et renforçant la compétitivité des produits algériens sur le marché mauritanien.
Des potentialités encore sous-exploitées
Malgré cette courbe ascendante, le Conseil d’affaires estime que les relations économiques restent encore en deçà des ambitions réelles. L’Algérie dispose d’un large panel de produits (agroalimentaire, matériaux de construction, électroménager, industrie pharmaceutique) capables de répondre à la demande croissante en Mauritanie.
L’organisation régulière de foires et salons à Nouakchott joue un rôle crucial dans ce rapprochement, permettant aux opérateurs économiques des deux pays de nouer des partenariats durables et de transformer les intentions en contrats concrets.
Les enjeux de 2030 : Vers une intégration régionale
L’objectif de 5 milliards de dollars d’échanges n’est plus une utopie. Avec l’entrée en exploitation de grands projets d’infrastructures et la volonté politique de créer une zone de libre-échange, l’axe Alger-Nouakchott se positionne comme l’un des moteurs les plus dynamiques de l’intégration économique maghrébine et africaine.
