C’est un véritable séisme pour les Algériens désireux de voyager à l’étranger. La Banque d’Algérie a émis une nouvelle directive actant la fin définitive de l’octroi en espèces de l’allocation touristique (fixée à 750 euros).
Désormais, la détention d’une carte bancaire internationale est obligatoire pour en bénéficier. Une décision brutale qui plonge les agences bancaires dans le chaos et laisse les futurs voyageurs dans l’incertitude la plus totale.
Une transition numérique brutale qui prend les voyageurs de court
Annoncée à la mi-juillet 2026, cette directive de la BNA met fin brusquement à l’ancien système de retrait physique des devises. L’objectif affiché par les autorités est clair : moderniser les flux financiers et lutter contre la fraude entourant cette allocation. Pour rappel, celle-ci avait été rehaussée en juillet 2025 par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs.
Cependant, l’application immédiate de cette mesure, sans période de transition, a pris tout le monde de court. Entre la suspension des anciennes procédures et le manque de directives claires pour les agents bancaires, le flou est total.
Scènes de chaos dans les agences : « On n’a rien compris ! »
Devant les guichets des banques, notamment en Kabylie à Tizi-Ouzou, la tension est palpable. Les citoyens dont le départ à l’étranger est imminent se retrouvent pris au piège d’une bureaucratie non préparée.
« J’ai mon visa qui est en cours jusqu’au 25 juillet. Avec cette nouvelle instruction qui exige une carte bancaire internationale, il m’est impossible de bénéficier de mon allocation touristique à temps. C’est injuste ! Même si on sait que voyager avec une carte Visa ou Mastercard est plus pratique, il aurait fallu nous laisser le temps de nous retourner. »
— Un client en colère devant une agence à Tizi-Ouzou
Du côté des professionnels du secteur, le constat est tout aussi alarmant. Les employés de banque, livrés à eux-mêmes sans feuille de route précise, font face à une surcharge de travail inédite :
- Explosion de la demande : Les guichets sont littéralement submergés.
- Des chiffres vertigineux : Certaines agences sont passées d’une trentaine de demandes de cartes internationales par an à plus de 50 demandes par jour.
- Un flou technique : Les chargés de clientèle n’ont pas encore reçu les modalités d’application détaillées de la circulaire.
Délais de livraison et flambée du marché noir : les effets collatéraux
Le principal point de blocage réside dans la logistique. Obtenir une carte bancaire internationale en Algérie prend du temps—parfois plusieurs mois. Pour les milliers de voyageurs ayant planifié leurs vacances d’été, le timing est intenable.
Cette situation risque d’avoir des conséquences directes sur l’économie informelle :
- La ruée vers le marché parallèle : Privés de leur allocation officielle en devises, les voyageurs n’auront d’autre choix que de se tourner vers les cambistes informels (notamment au niveau du Square Port-Saïd à Alger).
- La flambée des cours : Cette hausse soudaine de la demande sur le marché noir de la devise risque de faire s’envoler le cours de l’euro face au dinar algérien.
En résumé : Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle mesure
| Paramètre | Ancien Système | Nouveau Système (Directive de juillet 2026) |
| Mode de retrait | Espèces (Cash en main) | Crédité sur Carte Bancaire Internationale |
| Montant de l’allocation | 750 € (Adulte) / 300 € (Mineur) | Identique (750 € / 300 €) |
| Délai d’obtention | Immédiat au guichet | Plusieurs semaines à mois (confection de la carte) |
| Statut actuel | Suspendu | Obligatoire (modalités d’application attendues) |
Pour l’heure, clients et banquiers partagent le même mot d’ordre : « Wait and see ». Les détails d’application et les solutions de facilitation pour les départs urgents ne devraient pas être connus et détaillés par la BNA avant le 20 juillet. D’ici là, le voyage vers l’étranger ressemble, pour beaucoup d’Algériens, à un parcours du combattant.
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