Après avoir franchi la barre symbolique des 100 dollars la veille, les cours du pétrole brut accusent un net repli ce vendredi.
Ainsi, entre prises de bénéfices avant le week-end et apaisement relatif des craintes en mer Rouge, le marché de l’énergie tente de reprendre son souffle malgré un contexte géopolitique toujours sous haute tension.
Un repli technique pour le Brent après un pic hebdomadaire
La fièvre retombe sur le marché de l’or noir. Ce vendredi matin, vers 09h40 GMT (11h40 HEC), le contrat sur le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre enregistrait un recul de 4,00 %, s’affichant à 96,66 dollars.
Ce reflux intervient au lendemain d’une séance d’affolement où le Brent, véritable référence du brut international, a dépassé le seuil critique des 100 dollars le baril. À l’approche du week-end et de la fermeture des places financières, les investisseurs préfèrent sécuriser leurs gains et réévaluer les risques pesant sur la chaîne d’approvisionnement mondiale.
Mer Rouge et détroit de Bab el-Mandeb : pas de blocus total
L’une des principales raisons de ce reflux réside dans une lecture plus pragmatique de la situation en mer Rouge. Bien que des navires pétroliers saoudiens aient été ciblés par des attaques revendiquées par les rebelles houthis, les flux énergétiques ne sont pas totalement interrompus.
« Certains navires transportant du pétrole saoudien traversent encore le détroit de Bab el-Mandeb. Pour l’instant, il ne s’agit pas d’un blocus total », analyse Giovanni Staunovo, expert chez UBS.
Cette continuité partielle du trafic maritime contribue à tempérer l’inquiétude des marchés quant à une rupture brutale de l’offre pétrolière mondiale.
Les marchés anticipent une réaction politique face à la hausse des carburants
L’envolée conjointe des prix du pétrole brut et des carburants à la pompe remet également les enjeux politiques au cœur de l’équation économique.
Selon John Plassard, analyste chez Cité Gestion, cité par « le Prix du Baril. com», l’impact sur le pouvoir d’achat suscite des interrogations parmi les traders : « Les investisseurs se demandent si Donald Trump ne va pas chercher un moyen d’apaiser le marché. » Cette perspective d’une éventuelle intervention ou pression politique incite les acteurs du marché à la prudence.
Tension géopolitique au Moyen-Orient : une volatilité toujours menaçante
Malgré ce répit temporaire, l’incertitude demeure maximale. Sur le plan militaire, l’armée américaine a confirmé avoir mené une 13ᵉ nuit consécutive de frappes stratégiques en Iran. En réplique, Téhéran a affirmé ce vendredi avoir visé par drones des installations militaires américaines au Bahreïn et en Jordanie.
Si le marché retient son souffle à l’aube du week-end, le contexte géopolitique au Moyen-Orient garde les cours du pétrole sous la menace constante d’une nouvelle flambée.
Lien permanent : https://just-infodz.com/93u4
