Dans un contexte marqué par une montée des tensions entre les autorités et les partenaires sociaux, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE) alerte sur ce qu’il qualifie de dérives graves portant atteinte à l’action syndicale et aux droits des enseignants.
Ainsi, réunie en session extraordinaire, la coordination nationale du syndicat appelle à un sursaut urgent pour préserver le dialogue social.
Une réunion sous le signe de la crise
En effet, la coordination nationale du CNAPESTE s’est réunie en session le 17 avril 2026, dans la continuité de ses travaux précédents, afin d’évaluer une situation jugée particulièrement préoccupante.
Cette rencontre fait suite aux réunions tenues les 10 et 11 avril à Alger, consacrées à l’analyse des évolutions récentes affectant le secteur. Ainsi, les membres de l’organisation ont procédé à une étude approfondie des développements en cours, notamment ceux liés aux procédures administratives et judiciaires visant la structure syndicale ainsi que son coordinateur national.
Des poursuites judiciaires contestées
Le CNAPESTE exprime une vive dénonciation de la décision du ministère du Travail, appuyée par le ministère de l’Éducation nationale, d’engager des poursuites devant la justice administrative en date du 9 mars 2026.
Selon le syndicat, cette démarche viserait à obtenir la dissolution de l’organisation. En effet, plusieurs griefs sont avancés pour justifier cette action, parmi lesquels :
• une supposée non-conformité à la législation en vigueur,
• des contestations sur la représentativité syndicale,
• le non-respect présumé de certaines décisions judiciaires,
• ainsi que des remises en cause de la légitimité du coordinateur national.
Toutefois, le syndicat rejette catégoriquement ces accusations, affirmant avoir respecté l’ensemble des procédures légales et réglementaires.
Une atteinte à la liberté syndicale selon le CNAPESTE
De plus, l’organisation considère ces actions comme une tentative de gel de son activité et une remise en cause de sa légitimité, tant sur le plan juridique que sur le terrain. Elle dénonce également un recours excessif à des mesures qu’elle qualifie de coercitives, au détriment du dialogue social.
Dans le même esprit, le CNAPESTE évoque des pressions administratives et judiciaires exercées contre son coordinateur national, dénonçant notamment ce qu’il qualifie de « mise à l’écart forcée », en contradiction avec les textes en vigueur.
Climat de crispation
En outre, le syndicat tire la sonnette d’alarme face à la dégradation du climat dans les établissements scolaires. Il pointe du doigt la multiplication des convocations judiciaires à l’encontre des enseignants, ainsi que la fermeture des espaces de dialogue au niveau local. Par conséquent, le CNAPESTE regrette des pratiques administratives fondées, selon lui, sur l’exclusion et la marginalisation, en lieu et place de la concertation et du consensus.
De même, il fait état d’une intensification des pressions et des menaces visant les enseignants, dans le but de les contraindre à renoncer à leurs droits professionnels et syndicaux.
Un appel au dialogue et à la mobilisation
En conclusion, le CNAPESTE appelle à la tenue d’assemblées générales et de conseils au sein des établissements éducatifs afin d’informer la base syndicale et de débattre de la situation actuelle.
Dans cette perspective, il met en garde contre les conséquences de la poursuite de ces politiques, estimant qu’elles risquent d’aggraver les tensions dans le secteur.
Enfin, le syndicat réaffirme son attachement à la défense des libertés syndicales et exhorte les plus hautes autorités du pays à intervenir pour garantir le respect des droits des enseignants et préserver la stabilité du système éducatif.
