En visite officielle en Allemagne, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a profité de sa traditionnelle rencontre avec la communauté nationale établie à l’étranger pour adresser un message fort et structurant à l’opposition.
Entre ouverture démocratique et rappel des lignes rouges, le chef de l’État redéfinit les règles du débat politique en Algérie.
Une main tendue à une opposition « civilisée et constructive »
C’est un discours marquant qu’a prononcé Abdelmadjid Tebboune face aux membres de la diaspora algérienne réunis à Berlin. Alors que sa visite d’État en Allemagne est placée sous le signe du renforcement des partenariats stratégiques, le président de la République a choisi cette tribune internationale pour clarifier sa vision de la démocratie et du pluralisme en Algérie.
Fait notable, le chef de l’État a explicitement ouvert la porte aux voix discordantes, à condition que celles-ci s’inscrivent dans un cadre respectueux et proposent des alternatives concrètes.
« En ce qui concerne les opposants, ils sont les bienvenus. L’opposition, la personne qui s’oppose de manière civilisée… avec des idées, et qui apporte une alternative, c’est ce qui permettra à l’Algérie de beaucoup progresser en matière de démocratie. »
Par ces mots, le président algérien réaffirme que la contradiction constructive n’est pas une menace, mais un moteur de développement pour le pays.
Le droit à la critique, oui… mais dans le respect des valeurs nationales
Tout en consacrant le droit inaliénable de chaque Algérien à exprimer son désaccord, Abdelmadjid Tebboune a toutefois tenu à poser des limites claires. Pour lui, la liberté d’expression ne doit pas servir de paravent à la diffamation ou à l’agitation stérile.
Le président a ainsi insisté sur la nécessité de préserver le cadre moral et culturel de la société algérienne dans le débat public :
« Chaque Algérien a le droit de critiquer tout en prenant en considération nos traditions et notre respectabilité. C’est-à-dire que les insultes et les injures n’apportent rien, elles ne génèrent que de la haine [et] de la violence. »
Sortir de la critique stérile : l’appel au débat d’idées
Pour illustrer sa vision d’un débat démocratique mature, Abdelmadjid Tebboune invite les opposants à s’inspirer de modèles de gouvernance ou de travaux intellectuels pour étayer leurs contre-propositions, plutôt que de verser dans l’invective.
« Vous n’êtes pas d’accord ? Dites que vous n’êtes pas d’accord et pourquoi, et ajoutez : « À mon avis, voici comment nous devrions procéder ; faisons comme tel pays, ou faisons comme l’a dit tel auteur ». Ce sont des éléments qui enrichissent le parcours national. Et celui qui ne l’accepte pas n’a absolument rien compris. », a-t-il conclu.
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